Ce qu’il faut savoir sur la corne de buffle pour chien
Protubérance formée d’un cornillon recouvert d’une couche de kératine, la corne de buffle aide le chien à activer son besoin instinctif de mastication ainsi qu’à garder les dents et les gencives propres.
Sa provenance
La corne provient des ruminants, mais se distingue du bois de cervidés en raison d’une différence clé. Elle est innervée, irriguée par des vaisseaux sanguins et reliée au système nerveux de l’animal. Elle ne pousse alors qu’une seule fois, tandis que le bois tombe chaque année au printemps et est indépendant du réseau nerveux.
Ses avantages pour le chien
En plus d’être durable et sans produits chimiques, la corne de buffle constitue une alternative naturelle aux jouets à mâcher synthétiques. Sa texture permet de limiter plaque et tartre, tout en occupant le chien sur une certaine durée. Elle contient aussi une moelle riche en protéines et en minéraux, sans pour autant être chargée en matières grasses. Enfin, sa mastication peut contribuer à réduire l’ennui et l’anxiété chez le chien.
Les principaux dangers de la corne de buffle pour un chien
Au-delà de sa qualité indiscutable de friandise naturelle, la corne de buffle expose à des risques mécaniques et digestifs. Les chiens à mâchoire puissante, impatients ou ceux qui avalent trop vite sont les plus concernés, surtout quand la corne se fissure ou devient trop petite.
Risque de fractures dentaires
Il est important de souligner que la corne de buffle figure parmi les friandises les plus dures. Chez les chiens à dents fragiles ou à gencives sensibles, la mastication peut facilement favoriser douleurs, microfissures et fracture dentaire. Le risque a tendance à être décuplé chez les chiens qui brisent la friandise au lieu de la ronger, en concentrant toute la pression sur une seule zone, notamment lorsqu’il s’agit de petites cornes.
Risque d’ingestion, d’étouffement et d’obstructions intestinales
Quand la corne commence à s’user, elle peut aussi libérer des éclats et de petits morceaux qui deviennent plus faciles à avaler. En plus du risque d’étouffement, il faut aussi considérer celui des obstructions intestinales si des débris passent dans le tube digestif. La surveillance reste de mise. De plus, pensez à retirer immédiatement la corne dès que la taille ne dépasse plus clairement l’ouverture de la cavité buccale.
Risque de perforations et de traumatismes du tractus gastro-intestinal
En cas de morceaux, les obstructions ne sont pas le seul problème à gérer. Des fragments pointus peuvent aussi blesser la cavité buccale, puis perforer l’estomac ou l’intestin après l’ingestion. Les chiens puissants et de grandes races restent les plus exposés, car leur puissance masticatoire a davantage de chance de fragmenter la corne.
Risque d’accumulation de saletés et de contamination
De même, une corne mâchée puis laissée au sol peut favoriser une accumulation de saletés, surtout si elle est humide et imprégnée de salive. La meilleure manière de la conserver est de songer à un rinçage régulier à l’eau claire, puis un séchage complet, ce qui limite la charge microbienne et les mauvaises odeurs.
Que faire en cas de situation dangereuse ?
En cas de fracture des dents ou de perforation intestinale, il sera nécessaire de réagir immédiatement, car les risques encourus sont extrêmement graves, notamment dans le cas de la perforation. Si perforation il y a, l’inflammation de la muqueuse (péritonite) peut entraîner un collapsus, voire la mort du chien en cas d’intervention inadaptée ou tardive.
Que faire en cas de fracture dentaire ?
Afin d’évaluer toute fracture dentaire, le vétérinaire procèdera tout d’abord à une radiographie buccale du chien. Une fois l’examen complet terminé, l’ampleur de la blessure sera évaluée. Les activités de l’animal sont restreintes durant sa convalescence, et ce, jusqu’à ce qu’il soit rétabli. De même qu’il est invité à ne consommer que de la nourriture liquide et humide dans le même temps.
Que faire en cas de perforation de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal ?
L’intervention d’urgence et le retrait des morceaux par voie endoscopique ou chirurgicale seront primordiaux dans un premier temps. Le manque de prise en charge d’urgence ou une intervention survenue trop tard pourrait entraîner l’état de choc puis la mort du chien. En cas de perforation, un examen clinique complet fait appel à l’imagerie afin d’être certain de la meilleure manière dont il faut agir. Le blocage de l’intestin, notamment, est traité étant donné que les tissus jouxtant l’intestin se dégradent à une vitesse exponentielle. Ce traitement d’urgence a pour objectif d’éviter que l’état clinique du chien ne s’aggrave de manière irréversible.
Que faire en cas d’étouffement ?
La première étape sera d’évaluer rapidement la situation, en vérifiant si un morceau de corne reste visible dans la cavité buccale et en estimant sa taille. Point important : évitez à tout prix les coups dans le dos, car ils peuvent provoquer des lésions internes.
En cas d’étouffement, le mieux est de pratiquer ensuite une manœuvre de Heimlich adaptée. Autrement dit, si votre chien est de petite taille, placez-le sur vos genoux et procédez à des compressions rapides sous la cage thoracique. Pour un grand chien, placez-vous debout derrière l’animal afin d’exercer des compressions au niveau de l’abdomen pour le libérer de ce qui l’étouffe.
Que faire en cas d’obstruction intestinale ou de contamination ?
Si vous soupçonnez une obstruction intestinale ou une contamination bactérienne, une consultation vétérinaire d’urgence reste recommandée afin d’être orienté le mieux possible vers une prise en charge adaptée. En cas de contamination bactérienne, le vétérinaire opte généralement pour un traitement antibiotique.
Est-elle adaptée aux chiots ?
La mastication est au centre de l’idée de développement du chiot. Il s’agit d’un véritable besoin, notamment au cours des premiers mois de sa vie, et ce, jusqu’à sa tendre adolescence, période durant laquelle il en aura besoin pour soulager les douleurs liées à l’inflammation et l’irritation des gencives durant la croissance dentaire.
L’activité masticatoire, pierre angulaire de son éducation
Mastiquer est, de loin, l’une des activités les plus impliquées dans l’éducation d’un jeune chien. On pense notamment à l’apprentissage des émotions, car mâchouiller lui permet de se calmer et de canaliser toute son énergie grâce à la concentration accrue sur une activité en particulier. Mâcher a donc trois rôles centraux durant sa période d’apprentissage :
- mieux gérer ses émotions
- lui apprendre en mieux accepter la solitude temporaire
- lui offrir de quoi mordiller pour travailler ses dents de lait
Les cornes de buffle lui sont-elles recommandées ?
Même si l’envie de lui offrir des cornes naturelles est louable, il est vivement déconseillé de lui donner un tel aliment à risque en raison de la fragilité de sa mâchoire en croissance et sa dentition en plein développement. Il sera nécessairement exposé au risque imminent de la cassure de dents.
Il faudra alors se tourner vers des alternatives plus sécurisantes comme les bâtonnets munchies ou encore les Dental rolls. Si vous ne jurez que par les friandises naturelles, sachez qu’il existe des dés de viande ou encore des œsophages d’animaux qu’il pourra mâchouiller à son aise.
Pourquoi une telle fragilité ?
Jusqu’à l’âge de 6 mois environ, le chien ne dispose que de dents de lait. Il faut attendre qu’il atteigne 7, voire 8 mois, pour qu’il profite de dents définitives. Pendant toute cette période, la mâchoire comme l’émail restent particulièrement fragiles.
Les avis des vétérinaires sur ses dangers
Les risques et les questions de sécurité autour de l’encas partagent encore l’option des experts sur la corne de buffle.
Pourquoi le risque de fracture est réel ?
Selon les vétérinaires, le chien a tendance à coincer la corne en travers sur les molaires d’un seul côté, en pressant très fort, souvent la tête penchée. Le tout, combiné à une forte pression masticatoire et à une position asymétrique, augmente le risque de fracture des carnassières, surtout au niveau des prémolaires supérieures.
Des complications de la pulpe dentaire
Les spécialistes confirment également que, lorsque des morceaux éclatent, la taille et la position des débris peuvent exposer la pulpe dentaire. Deux conséquences principales sont alors à noter. Premièrement, une douleur vive qui est susceptible d’entraîner des troubles alimentaires, jusqu’à l’anorexie. Puis, une infection de la pulpe, sans compter le risque d’un abcès plus profond.
Lorsque l’infection atteint l’os et que les bactéries se diffusent par voie sanguine, le chien peut aussi faire face à un autre problème : le risque d’endocardite. L’endocardite désigne une infection de la muqueuse située sur la surface interne du cœur, l’endothélium.
Nos recommandations
Quelques dernières recommandations seront nécessaires, car il reste impératif de savoir comment choisir une bonne corne, critères sans lesquels le risque de fissure, d’éclatement ou d’ingestion reste possible.
Adapter taille et densité au profil de mâcheur
Choisissez une corne suffisamment grande, dense et épaisse, mais toujours proportionnée au gabarit et à la force de mastication. Les grands chiens ont notamment besoin d’un format plus massif, les chiens moyens se contenteront d’un format intermédiaire. La corne est toutefois à éviter chez les petits chiens ou ceux aux mâchoires sensibles.
Privilégier une corne naturelle, non traitée
Il est également essentiel d’opter pour une corne 100 % naturelle, sans additifs ni traitement chimique. Elle doit aussi être correctement nettoyée, taillée et polie. Évitez les cornes colorées artificiellement ou enrichies, car elles peuvent contenir des composés nocifs.
Écarter les friandises dures en cas de myosite masticatoire
La myosite des muscles masticateurs provoque une douleur importante lors de la mastication, notamment d’un élément dur. Elle apparaît surtout chez l’adulte et chez certaines races prédisposées, comme le Cavalier King Charles et le Berger allemand. Le vétérinaire peut proposer un traitement immunomodulateur si le diagnostic est précoce, mais, en général, la priorité est à donner à des alternatives alimentaires plus molles et tendres.
Par quoi la remplacer ?
Il arrive que certains chiens ne soient pas attirés par les cornes de buffle. Pas de panique ! Il existe toujours pléthore d’autres options savoureuses et nutritives, y compris saines pour la santé. Les os à mâcher, une alternative réputée des cornes, ne seront toutefois pas citées en raison du même danger existant en termes de bris et d’éclatement de morceaux.
Le fromage de yak
Le fromage de yak peut constituer une alternative intéressante aux petites cornes, notamment auprès des chiens. Très dur, il a une durée de vie suffisamment longue pour occuper durablement. Attention toutefois à la teneur en matières grasses qui peut varier selon les références.
Le bois de cervidés
Le bois de cervidé présente l’avantage d’être moins à risque en termes d’éclatement. Les plus courants sont le bois de cerf, d’élan et de daim. Tandis que le bois de cerf convient bien aux mâchoires puissantes, tandis que le bois de daim, plus tendre, vise davantage les chiots, petits chiens, séniors ou animaux sensibles et faibles.
Les racines
Entièrement naturelles, les racines, dont celle de bruyère, participent bien à l’entretien dentaire et au contrôle de la plaque. Elles restent néanmoins moins dures qu’une corne ou un bois, ce qui réduit le risque de fractures.
Les friandises séchées
Souvent peu chères et très disponibles, elles comprennent pattes, oreilles et lamelles de viande. Elles englobent aussi les encas lyophilisés, et donc séchés à froid, qui évitent les composés cancérigènes issus de la cuisson à haute température. Elles restent toutefois bien plus caloriques que certaines autres friandises.
L’os en peau de buffle
L’os en peau de buffle fait également partie des friandises de longue mastication. Cependant, contrairement à ce que de nombreux propriétaires de chiens pensent encore, il ne s’agit pas d’un morceau de viande, mais d’un sous-produit de l’industrie du cuir. Selon les vétérinaires, il ne s’agirait ainsi pas de la meilleure option, d’autant que sa texture initialement dure se ramollit comme un chewing-gum avec le temps, ce qui favorise étouffement et obstructions intestinales.
Notre avis et nos recommandations
Même si on aimerait bien pouvoir laisser le chien mâchouiller à son aise, cela ne peut se faire sans surveillance. En effet, c’est de là d’où vient le principal danger.
Tout est dans l’équilibre
Comme nous l’avons vu, les dangers de la corne reposent avant tout sur deux aspects : la nature de la corne (dureté, taille) et les habitudes de mastication de votre chien. C’est la raison pour laquelle la corne peut être une option sécurisante uniquement si vous optez pour une corne suffisamment (mais pas excessivement) résistante pour ne pas éclater sous la pression de sa mâchoire.
Habituer son chien à ne pas avaler directement l’encas
En parallèle, il est primordial de s’assurer que votre chien sache mastiquer et que son profil de mastication ne révèle pas une habitude de destruction systématique sans faire l’effort de ronger ses friandises.
Auquel cas, il sera temps de le lui enseigner afin que son propre comportement ne le mette pas dans une situation délicate. Attention, si votre chien ne répond pas à ses quelques exigences, la corne de buffle pourra effectivement devenir un danger.
FAQ
La corne de buffle change-t-elle de consistance à force d’être mâchée ?
Non, elle reste dure et donc plus sécurisante que des encas comme l’os en peau de buffle.
Par quoi remplacer la corne de buffle si besoin ?
Il est tout à fait possible de la remplacer par des racines, des bois de cervidés, du fromage de yak ou encore des friandises séchées de haute qualité.
Quand devient-il impératif de jeter une corne de buffle ?
N’attendez pas que votre chien se désintéresse de sa corne pour la jeter. Il est important de le surveiller de temps en temps afin de vérifier que le morceau n’est pas suffisamment petit pour entrer entièrement dans sa bouche. Une fois trop petit, le morceau peut soit être avalé, soit être trop fragile, au point d’éclater à tout moment. Une fois que le morceau vous semble trop petit, ôtez-le du chien et jetez-le.
Pourquoi est-il nécessaire de choisir une corne de buffle de qualité ?
Le premier critère d’une corne de qualité est de provenir d’un élevage de bovins alimentés à l’herbe. Un buffle correctement nourri et entretenu aura moins de chances de souffrir de carences. Ainsi, on limite les défauts, mais aussi les chances de friabilité de sa corne, facteur de danger lors de sa consommation.