Le plus petit des chiens d’arrêt
Un mâle mesure entre 48 et 51 cm au garrot, une femelle entre 47 et 50 cm, avec une tolérance de 1 cm. Son petit gabarit lui permet de se déplacer facilement dans les ronciers et les sous-bois épais. Sa quête est généralement moins ample que celle d’un setter anglais sélectionné pour prendre beaucoup de terrain, même si l’amplitude varie fortement selon la lignée, le chien, le dressage et le terrain.
Le standard prévoit aussi qu’il peut naître anoure ou brachyoure, autrement dit sans queue ou avec une queue naturellement courte.
Quel gibier chasse-t-il ?

L’épagneul breton est particulièrement apprécié à la bécasse, notamment parce que son petit gabarit et sa quête adaptable conviennent aux bois et aux fourrés. Il travaille en plaine, dans les friches comme en bordure de marais, et un même chien peut chasser plusieurs gibiers au cours de la saison.
| Gibier | Terrain | Ce qu’on lui demande |
| Bécasse | Bois, taillis, sous-bois humides | Quête adaptée au couvert, arrêt tenu, recherche et rapport dans la végétation dense |
| Faisan | Bordures de bois, friches, cultures | Arrêt ferme, avancée maîtrisée jusqu’à l’envol |
| Perdrix grise ou rouge | Plaine, champs moissonnés, luzernes | Quête plus ample, arrêt ferme et précis |
| Caille | Luzernes, jachères | Recherche méthodique et arrêt précis sur un petit gibier qui se dérobe facilement |
| Bécassine | Prairies humides, bordures de marais | Recherche en milieu humide, avec un arrêt précis sur un oiseau qui part facilement |
Sur le gibier à poil, lapin ou lièvre rencontrés en chassant la plume, on demande surtout au chien de rester sage plutôt que de partir en poursuite.
L’aisance dans l’eau varie d’un chien à l’autre. Mettez-le à l’eau tôt et en douceur : le travail au marais viendra ensuite beaucoup plus facilement.
L’épagneul breton est avant tout sélectionné pour l’arrêt du petit gibier. Ce n’est pas le chien à choisir pour mener le sanglier en battue : un contact avec l’animal peut lui occasionner de graves blessures.
Son travail à la chasse : quête, arrêt, rapport
Un chien d’arrêt travaille devant le fusil : il cherche seul, s’immobilise dès qu’il sent le gibier, puis attend l’ordre pour avancer. C’est ce qui le sépare d’un chien courant, qui suit une piste en donnant de la voix, et d’un leveur, qui fait partir le gibier sans le bloquer.
Une quête rapide, adaptée au terrain
Le breton chasse vite et adapte l’amplitude de sa quête au terrain. En couvert, il reste généralement assez proche ; en plaine, sa quête s’élargit et se croise davantage pour couvrir le terrain tout en gardant le contact avec son conducteur.
Sa quête est active et méthodique, souvent en lacets ou en zigzags. Il utilise principalement son odorat. Lorsqu’il perçoit une émanation, et avant de s’arrêter, il ralentit et se rapproche progressivement de la zone où se trouve le gibier. C’est au moment où il l’a localisé qu’il s’arrête.
L’arrêt pour marquer le gibier
Lorsque le gibier est localisé, l’épagneul breton s’immobilise, le corps tendu et la tête haute. Par cette attitude, il signifie au chasseur que le gibier est présent. Un bon chien d’arrêt doit savoir se maîtriser : il attend l’ordre du chasseur pour avancer lentement vers le gibier et le faire partir.
Le rapport et la remise en main
Lorsque le chasseur a tiré, l’épagneul peut être chargé de retrouver le gibier et de le rapporter. Après avoir repéré l’endroit où il est tombé, il le cherche grâce à son odorat, puis le prend dans sa gueule sans l’abîmer. Il revient ensuite vers son maître pour le lui donner.
Le dressage, étape par étape

Le dressage demande surtout de la régularité et d’avancer au rythme du chien. Les corrections brutales risquent de casser sa confiance et son envie de chercher.
La socialisation du chiot
Afin d’obtenir un adulte équilibré, la socialisation doit commencer dès les premières semaines. Le chiot va d’abord s’habituer à son maître et à sa famille, puis à des personnes étrangères au foyer et à d’autres chiens. Vous l’emmènerez dans différents environnements, où il s’habituera à de nouveaux bruits. Il découvrira également les trajets en voiture.
Avant 6 mois : l’obéissance de base
Installez le rappel avant de commencer le travail sur gibier. Travaillez aussi la marche au pied et l’assis dans des lieux calmes, puis dans des endroits de plus en plus animés. Multipliez les sorties variées, dans les hautes herbes, les bois et près de l’eau, pour qu’il prenne confiance sur tous les terrains.
Les premières mises en présence du gibier
Vers 6 mois, commencez des mises en présence courtes et contrôlées avec le gibier, en allant au rythme du chien. Laissez le chiot chercher librement, sans le corriger s’il fait envoler l’oiseau : à ce stade, l’objectif est qu’il prenne le goût de chercher. S’il reste constamment près de vous, donnez-lui progressivement davantage de liberté pour développer sa quête et son initiative.
L’apprentissage de la quête
Plus précisément, vous devrez travailler avec lui la distance de quête, la régularité des lacets, l’adaptation au vent, la direction et le retour vers le conducteur. Sa quête doit toujours rester contrôlable par le chasseur.
L’apprentissage de l’arrêt
Le travail consiste ici à faire comprendre au chien que, lorsqu’il a pris une émanation, il doit se bloquer et maintenir l’arrêt. Il doit apprendre à attendre son conducteur et à ne partir vers le gibier que sur son ordre. Cet arrêt doit devenir un comportement naturel.
Comment présenter le coup de feu ?
Le coup de feu se présente très progressivement, et c’est l’étape où il faut être le plus prudent. Commencez par un bruit très éloigné et de faible intensité, associé à une situation agréable, puis réduisez progressivement la distance uniquement si le chien reste parfaitement détendu. Une fois installée, la peur du coup de feu peut être longue et difficile à corriger.
Le travail sur le gibier
Petit à petit, ces bases vont être consolidées en confrontant directement le chien au gibier, dans les conditions réelles de la chasse, en augmentant progressivement la difficulté et en variant les terrains.
L’apprentissage du rapport
Le rapport fait partie des qualités recherchées dans la race, mais il faut encore travailler la façon de saisir le gibier, de le porter sans l’abîmer et de le remettre en main. Dans les épreuves où le rapport est évalué, un chien qui serre trop le gibier ou ne le remet pas correctement est pénalisé. Sur le terrain, un mauvais rapport peut surtout faire perdre un gibier blessé.
Que faire la première saison ?
Privilégiez des sorties courtes et positives, hors des grandes équipes et des battues bruyantes. Choisissez si possible des terrains où les chances de rencontrer du gibier sont réelles, afin de maintenir son intérêt pour la recherche.
Les soins après une journée de chasse
Une journée dans les ronces laisse des traces qu’on ne voit pas au premier coup d’œil. Au retour, pendant que le chien est encore calme, passez en revue quatre zones.
Les oreilles
Nettoyez les oreilles uniquement lorsque le pavillon ou l’entrée du conduit sont sales, sans introduire de coton-tige. Des secouements de tête brutaux ou persistants, surtout après une sortie dans les herbes, justifient un examen vétérinaire rapide : un épillet peut avoir pénétré dans le conduit auditif.
Les pattes et les coussinets
Inspectez soigneusement les coussinets et l’espace entre les doigts. Assurez-vous qu’il n’y a pas d’épines, de petits cailloux, de coupures ou de crevasses. Rincez les pattes à l’eau claire si le terrain était boueux ou très poussiéreux.
Le pelage et la peau
Passez les mains sur tout le corps pour détecter les épines, les tiques ou une zone douloureuse. Enlevez les épines à la main et servez-vous d’un tire-tique si vous en apercevez une. Un brossage permet également de retirer les débris végétaux.
Les yeux
Pendant la chasse, les yeux peuvent être exposés à divers débris et à la poussière. Vérifiez qu’ils ne sont pas rouges, larmoyants ou irrités, notamment après une chasse dans les broussailles.
De l’eau, une bonne alimentation et du repos
Quand la dépense augmente, adaptez peu à peu sa ration à son travail et à son état. Une alimentation plus énergétique pour chien de chasse peut être utile lors des périodes de chasse soutenue. Évitez surtout un repas copieux juste avant ou juste après un effort intense, et proposez de l’eau régulièrement pendant la journée. Après une journée de chasse, une nuit de récupération sur un bon matelas est primordiale.
Est-ce le bon chien pour votre chasse ?
Pour qui chasse la bécasse, le petit gibier de plaine ou les deux, et veut un chien qui vive dans la maison le reste de l’année, l’épagneul breton est un choix solide. Son aptitude au dressage en fait un chien accessible à un chasseur peu expérimenté, à condition de rester progressif et cohérent dans son éducation.
En revanche, si votre chasse consiste principalement à chasser le gros gibier, suivre une piste sur de longues distances ou travailler très loin du chasseur, d’autres races peuvent être plus spécialisées.
TAN, BICP et field-trials : à quoi servent ces épreuves

Le TAN, le BICP et les résultats en field-trial donnent des repères objectifs sur les aptitudes de travail d’un chien. Pour l’acheteur d’un chiot destiné à la chasse, les résultats des parents sont donc particulièrement intéressants.
Le TAN, le premier examen de travail
Le test d’aptitudes naturelles (TAN) est organisé par les clubs de race. Il est ouvert aux chiens de 6 à 36 mois et dure de 5 à 10 minutes, sur un terrain offrant assez de couvert pour dissimuler le gibier. L’examinateur juge l’instinct de recherche, celui de l’arrêt et l’équilibre du chien, notamment au coup de feu. Le règlement porte sur les aptitudes naturelles, pas sur le niveau de dressage : les fautes de dressage n’influencent pas le résultat, sauf s’il met volontairement le gibier à l’envol, autrement dit s’il « bourre ». Le chien doit néanmoins arrêter au moins une pièce de gibier à plumes sans la voir. En cas de réussite, le pedigree porte la mention « Admis au TAN ». Un chien qui échoue peut se représenter tant qu’il reste dans la limite d’âge.
Ce que note le BICP
Le brevet international de chasse pratique (BICP) évalue le chien dans des situations proches de la chasse réelle, avec un travail sur terre et un travail à l’eau. Le parcours sur terre dure environ 15 minutes. Le chien est noté sur 32 points, répartis en huit rubriques : le nez, la quête, l’arrêt, le travail sur gibier blessé, la recherche du canard, la façon de le rapporter en eau profonde, le rapport en général et l’obéissance. Pour obtenir une catégorie, le chien doit atteindre le total requis et la note minimale exigée dans chacune des huit rubriques : 28 points sur 32 en première catégorie, 24 en deuxième et 16 en troisième. Les deux premières catégories donnent accès à la classe travail en exposition. Le chien doit posséder un carnet de travail et le conducteur une licence CUNCA en cours de validité.
Les field-trials, les épreuves de compétition
Les field-trials de chiens d’arrêt comprennent plusieurs disciplines, notamment les épreuves de printemps sur perdrix, sur gibier sauvage (bécasse, bécassines, gibier de montagne), sur gibier naturel et les épreuves d’automne. La Grande Quête, elle, est réservée aux races britanniques. Le premier tour doit durer 15 minutes, sauf si le chien commet une faute éliminatoire ou n’est pas au niveau de l’épreuve. Seuls les quatre premiers chiens ayant obtenu Excellent ou Très Bon sont classés. Lorsque les prestations le justifient, le premier Excellent peut recevoir le CACT et le deuxième la RCACT, sa réserve. Un chien classé ou ayant obtenu un CQN en field-trial, ou une catégorie au BICP, est dispensé du TAN.
Choisir un chiot d’épagneul breton pour la chasse
Selon les élevages, la sélection peut privilégier davantage les aptitudes de travail, la conformité au standard ou les deux. Demandez le pedigree des deux parents dès le premier contact avec l’éleveur.
Vérifiez quatre points auprès de lui :
- Les mentions de travail des deux parents : TAN, catégorie au BICP, résultats en field-trial.
- Ce que les parents chassent réellement, sur quel gibier et sur quels terrains.
- Les résultats de dépistage de la dysplasie de la hanche des parents, que le Club de l’Épagneul Breton intègre à ses critères de sélection.
- La socialisation avant le départ de l’élevage : un chiot habitué en douceur à différents sols, bruits et environnements s’adapte plus vite.
Si vous cherchez un chien LOF, vérifiez que la portée est bien déclarée : issu de parents confirmés, le chiot reçoit d’abord un certificat de naissance, et son inscription ne devient définitive qu’après l’examen de confirmation. Un chien non inscrit ne peut pas être vendu comme un chien de race. Contrôlez aussi son identification, le certificat vétérinaire et les documents de cession.
Entraînement et assurance : ce que dit la réglementation
Sur les territoires où la chasse est permise, l’entraînement des chiens d’arrêt est soumis à des périodes et des conditions précises. Pour les chiens d’arrêt, les spaniels et les retrievers, l’arrêté du 21 janvier 2005 autorise notamment l’entraînement tous les jours du 30 juin au 15 avril, sans tir sur le gibier ; le tir destiné à tester le comportement du chien doit alors être effectué avec des munitions uniquement amorcées. Un entraînement individuel ne demande pas d’autorisation préfectorale, mais il suppose l’accord du détenteur du droit de chasse. Les manifestations d’entraînement, concours ou épreuves sont soumises à une autorisation préalable du préfet.
L’assurance responsabilité civile est obligatoire pour valider un permis de chasser, en application de l’article L. 423-16 du Code de l’environnement. Elle couvre les accidents corporels causés à des tiers, y compris ceux causés par les chiens du chasseur. Les frais vétérinaires du chien lui-même relèvent en revanche d’une garantie distincte, souvent proposée en option dans les assurances pour chien de chasse.
FAQ
À quel âge un épagneul breton peut-il commencer à chasser ?
Les premières mises en présence contrôlées avec le gibier peuvent commencer autour de 6 mois. Pour la chasse réelle, il n’existe pas d’âge universel : augmentez progressivement la durée et la difficulté des sorties selon la maturité et le niveau de dressage du chien.
L’épagneul breton chasse-t-il loin de son maître ?
Il garde généralement un bon contact avec son conducteur, mais sa distance de quête varie fortement selon le terrain, la lignée et le dressage. En sous-bois, il peut travailler relativement près ; en plaine, certains sujets prennent beaucoup plus de terrain.
Le TAN est-il obligatoire pour chasser ?
Non. Il n’a aucune valeur réglementaire pour la chasse, mais il figure au pedigree et sert de repère lors de l’achat d’un chiot.
Peut-on chasser le sanglier avec un épagneul breton ?
Il n’est pas sélectionné pour la chasse du sanglier en battue, et le contact avec un animal blessé ou acculé l’expose à des blessures graves. Les chiens de chasse employés en battue sont bien plus adaptés.
Un épagneul breton peut-il vivre sans chasser ?
Oui, à condition de lui offrir des sorties actives et du travail de flair régulièrement.
Quelle différence avec les autres chiens d’arrêt continentaux ?
Il est le plus petit des chiens d’arrêt et l’un des plus précoces au gibier. Le petit épagneul de Münster est un peu plus grand, tandis que le griffon Korthals est nettement plus haut sur pattes.