Qu’est ce que la pododermatite chez le chien ?

La pododermatite fait partie des dermatoses les plus fréquentes chez le chien.
Une inflammation de l’espace interdigité
En grec, pod signfie “pied”, dermà se traduit par “peau”, et le suffixe ite fait référence à une maladie inflammatoire. La pododermatite désigne donc une inflammation de la peau des extrémités podales des chiens. Celles-ci comprennent les doigts, les espaces interdigités et les coussinets. Le poids de l’animal et les frottements répétés dus à ses mouvements exercent une pression sur la peau de ces zones, ce qui peut provoquer des irritations, des lésions et des rougeurs.
La pododermatite peut s’infecter ou évoluer vers d’autres affections cutanées, comme la folliculite (une inflammation des follicules pileux) et la furonculose (une inflammation purulente des follicules pileux).
Un des signes cliniques d’une pathologie
L’inflammation de la peau des extrémités des membres d’un chien a forcément une origine pathologique. Il existe de nombreuses maladies, bénines ou graves, qui présentent les mêmes caractéristiques : rougeurs au bout des pattes, léchage excessif des pieds, coussinets gonflés, etc. Il faudra donc une consultation vétérinaire pour déterminer la cause exacte de la pododermatite et mettre en place le traitement approprié.
Les races prédisposées
Des études vétérinaires montrent que certaines races présentent une prédisposition pour la pododermatite. Cela concerne en particulier les chiens avec de grosses pattes et les chiens à la peau fragile et sensible tels que :
- les bergers allemands ;
- les boxers ;
- les bulldogs anglais ;
- les setters irlandais ;
- les irish terrier ;
- les golden retriever ;
- les shar-peis ;
- les labrador retriever ;
- les teckels ;
- les dogues de Bordeaux.
Quelles sont les causes possibles d’une inflammation au bout des pattes d’un chien ?
De multiples facteurs, pathologiques et environnementaux, peuvent expliquer cette affection cutanée.
Une cause physiologique
Les frottements répétés, un léchage excessif ou même une petite coupure peuvent irriter la peau sensible qui se trouve entre les doigts de pied. A force, cela provoque une inflammation qui peut rapidement s’aggraver sous l’effet du contact, de l’humidité ou du grattage. De plus, le chien aura tendance à lécher davantage l’espace interdigital, ce qui entretient l’inflammation de la peau.
Un corps étranger coincé entre les doigts
Un épillet, un gravier ou tout autre matière organique ou objet coincé entre les doigts peut provoquer une réaction inflammatoire locale. Le chien va alors lécher intensément la zone qui le gêne, ce qui aggrave la plaie et augmente le risque d’infection.
Une infection bactérienne ou fongique
Il arrive que des bactéries ou des champignons prolifèrent sur une peau fragilisée, entrainant des rougeurs, lésions, irritations, voire du prurit. C’est la cas de la dermatite à Malassezia, une affection cutanée fréquente due à une levure (à l’origine naturellement présente sur la peau en petite quantité), la Malassezia pachydermatis.
Des parasites externes
Certains parasites provoquent des démangeaisons, des croûtes et des inflammations de la peau chroniques, impossible à traiter sans un suivi vétérinaire. La démodécie tient son nom du Demodexest, un acarien microscopique présent dans les follicules pileux et les glandes sébacées de tous les mammifères, donc des chiens. Parfois, une anomalie génétique empêche l’organisme de contrôler naturellement le nombre de ces acariens. Leur multiplication peut avoir pour résultat une pododermatite.
Un trouble du comportement
Le stress ou l’ennui peuvent pousser un chien à se lécher ou se mordiller au niveau des pattes de manière compulsive. Ce trouble du comportement irrite la peau et conduit souvent à une forme de pododermatite.
Une allergie alimentaire ou de contact
Les allergies sont une cause fréquente d’inflammation des pattes, car elles déclenchent souvent des démangeaisons intenses. Le chien se gratte alors parfois jusqu’au sang, ouvrant la porte aux infections secondaires.
L’allergie alimentaire
Une réaction inflammatoire peut survenir à la suite de l’ingestion d’un aliment allèrgène, par exemple la viande de boeuf, les pois, le blé, le maïs, lesadditifs, etc.).
L’allergie de contact
Certaines substances chimiques, mais aussi organiques, entrainent une inflammation et des lésions lors d’un contact au niveau des coussinets. Par exemple :
- des végétaux ;
- des détergents ;
- des insecticides ;
- les sels de déneigement utilisés sur les routes l’hiver ;
- des produits d’entretien ;
- les pollens.
L’exposition répétée à ses substances empire les symptômes, sensibilise encore plus le chien, et peut conduire à la dermatite atopique.
Une dermatite atopique
Cette pathologie cutanée chronique rend la peau hypersensible aux allergènes présents dans l’environnement du chien (acariens, pollens, poussière, etc.). Les pattes sont souvent les premières zones touchées, avec des démangeaisons et des rougeurs persistantes.
Une anomalie morphologique
Des malformations anatomiques, comme des coussinets trop rapprochés ou des doigts mal alignés, favorisent les frottements et les irritations. Ces défauts physiques créent un terrain propice à la macération et à l’inflammation chronique.
De l’eczéma à la patte
Chez le chien, l’eczéma provoque des démangeaisons, des croûtes et une inflammation cutanée qui peut s’étendre jusqu’aux espaces interdigités. En se léchant au niveau des pattes pour se soulager, il aggrave souvent la lésion et entretient le cercle vicieux.
Le syndrome hépato-cutané ou dermatite nécrolytique superficielle
Cette pathologie rare touche principalement les chiens mâles, âgés de plus de 10 ans. Ses symptômes (des plaques d’érythème, des lésions, des croûtes et des ulcérations sur le visage, les pattes et les coussinets) font penser à une pododermatite. Elle découle en fait d’une maladie du foie ou d’une tumeur du pancréas.
Une réaction auto-immune
Dans de très rares cas, la pododermatite est causée par une réaction auto-immune. Cela signifie que le système immunitaire attaque la peau ou les tissus des coussinets et des espaces interdigitaux, provoquant inflammation et lésions. Une analyse de sang révèle alors l’augmentation d’anticorps nommés agglutinines froides.
Quels sont les symptômes d’une pododermatite ?
Une pododermatite se manifeste chez le chien de plusieurs manières. Les signes cliniques visibles varient selon la cause de la maladie et son stade d’évolution.
Rougeur, chaleur inhabituelle et gonflement de la peau
Lors d’un épisode de pododermatite, les coussinets et la peau située dans l’espace interdigital deviennent rouges et enflés. La zone touchée dégage de plus une chaleur inhabituelle, signe d’une inflammation active. Les coussinets gonflés sont particulièrement douloureux au toucher.
Plaies et coupures au niveau des pattes
Des plaies peuvent se former au bout des pattes, puis suinter ou se recouvrir de croûtes. Si une mauvaise odeur accompagne le liquide qui coule d’une lésion ou d’une coupure, il est fort probable que le chien soufre d’une surinfection bactérienne.
Douleurs, irritations et démangeaisons
Un loulou atteint de pododerrmite ressent des douleurs qui le font boiter. Sa peau le démange et, à force de la lécher, il l’irrite toujours plus.
Coloration ocracée ou perte des poils
Les poils autour de la zone irritée tombent à cause des frottements et du léchage compulsif. Cette dépilation laisse la peau à nu, donc encore plus sensible aux agressions extérieures et aux risques d’infections. Les poils restant peuvent aussi changer de couleur sous les coups de langue répétés du chien qui essaye de soulager sa gêne. C’est surtout le cas chez les chiens au pelage blanc, qui vire au jaunâtre ou brun sur les zones affectées.
Apparition de furoncles, kystes ou ulcères
Des nodules ou des petites masses peuvent se former entre les doigts, parfois remplis de pus. Ces lésions profondes s’avèrent en général très douloureuses et nécessitent un nettoyage ou un drainage effectué par un vétérinaire.
Changement du comportement général
La gêne et la douleur causées par une pododermatite impactent le comportement général d’un chien.
- Il lèche, ronge ou mordille de façon excessive ses pattes, ce qui accentue l’irritation et empêchent les plaies de cicatriser.
- Le chien boite et refuse de poser la patte par terre.
- Il montre une hypersensibilité lorsqu’on veut le manipuleur et présente des signes de douleur physique, par exemple des gémissements.
Comment établir un diagnostic pour les affections cutanées ?
Vous pensez que votre chien develloppe une pododermatite et vous souhaitez en connaître la cause pour mieux le soigner ? En présence de symptômes significatifs, le vétérinaire peut être amené à effectuer quelques examens complémentaires afin d’identifier précisément l’origine de la réaction inflammatoire.
Une cytologie
Cet examen consiste à prélever des cellules à la surface de la lésion à l’aide d’un écouvillon ou d’une lame. Le vétérinaire va ensuite les observer au microscope pour détecter la présence de bactéries, de levures ou de cellules inflammatoires, orientant ainsi le traitement en fonction des germes trouvés.
Des raclages cutanés
Le vétérinaire gratte délicatement la peau entre les doigts ou sur les zones à vif pour recueillir des échantillons de peau. Ces raclages cutanée permettent de détecter d’éventuels parasites, comme les acariens responsables de la démodécie ou de la gale.
Des examens histologiques ou bactériologiques
Dans les cas plus complexes et les récidives de pododermatite, un fragment de peau est envoyé en laboratoire vétérinaire pour une analyse histologique complète. L’objectif est ici d’identifier les éventuelles altérations de la peau :
- un épaississement anormal de l’épiderme ;
- une inflammation profonde du derme ;
- une destruction des glandes ou des follicules pileux ;
- une présence inhabituelle de cellules, signe d’allergie, d’infection chronique ou, plus rarement, de tumeur cutanée.
Les examens bactériologiques servent quant à eux à trouver la nature exacte d’une infection bactérienne, afin de cibler le traitement.
Le scotch test
C’est un test simple et non invasif qui consiste à poser un morceau de ruban adhésif transparent sur la peau entre les doigts du chien. On retire ensuite le scotch afin d’étudier au microscope les acariens, œufs ou larves qui se trouveraient sur la surface de la peau.
Des analyses de sang
On réalise des analyses de sang plus pour identifier les causes sous-jacentes d’une pododermatite persistante ou chronique, qu’à diagnostiquer la lésion elle-même.
Comment soigner une pododermatite ?
Le traitement de la pododermatite chez le chien nécessite un suivi vétérinaire, que l’on peut associer avec des soins naturels.
Suivre un traitement mis en place par votre vétérinaire
Le traitement dépend de la cause identifiée lors du diagnostic, avec pour objectif de réduire l’inflammation, éliminer les infections potentielles et prévenir les récidives.
En cas d’infection bactérienne ou fongique
Après une antisepsie locale, le vétérinaire prescrit généralement des antibiotiques ou des antifongiques, sous forme de comprimés ou de pommades à appliquer localement pendant 3 à 6 semaines. Ces traitements doivent être suivis scrupuleusement jusqu’à la guérison complète, même si les symptômes s’atténuent rapidement. Ceci, afin d’éviter tout risque de rechute.
En présence de parasites
On utilise des traitements antiparasitaires spécifiques (spot-on, comprimés, shampoings) pour éliminer les acariens, poux ou puces responsables de la pododermatite. Il de plus indispensable de traiter l’environnement du chien pour éviter toute réinfestation. Cela impose entre autre le lavage complet de tous les tissus présents dans les pièces où il vit ou passe.
Si le chien est allergique
Votre vétérinaire peut vous recommander une alimentation hypoallergénique ou bien une diète d’éviction pour identifier l’allergène en cause. Si l’allergie est environnementale, des antihistaminiques, corticoïdes ou traitements immunomodulateurs aideront à contrôler les crises de votre toutou. Pour faciliter leur administrations, les anti-inflammatoires se trouvent sous forme de pommades, de comprimés ou en sirops.
Pour soulager les douleurs et les inflammations les plus fortes
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont souvent prescrits pour soulager le chien lorsque la douleur et les gonflements le gêne de façon intense. Dans les cas les plus sévères, on applique un pansement protecteur sur les pieds, et le chien doit porter une collerette pour qu’il ne puisse plus lécher ses pattes.
Face à une pododermatite chronique ou des complications
Un nettoyage régulier de l’espace interdigital, des bains de pieds antiseptiques et un suivi dermatologique s’avèrent essentiels pour les pododermatites complexes. Parfois, on propose un examen complémentaire approfondi (une biopsie, un bilan sanguin, une culture bactérienne) pour adapter le traitement sur le long terme.
Soigner votre chien au naturel
Les traitements naturels peuvent hâter la guérison de votre chien et soulager en partie ses symptômes.
Changement d’alimentation avec une bonne hydratation
Une alimentation riche en acides gras essentiels (oméga-3 et 6) aide à renforcer le système immunitaire et la barrière naturelle de protection de la peau, ainsi qu’à réduire les inflammations. Deux solutions s’offrent à vous : opter pour des croquettes spécifiques, ou vous tourner vers les compléments alimentaires.
De son côté, une bonne hydratation accèlère la régénération des tissus cutanés et la cicatrisation. Laissez en permanence à votre loulou une gamelle d’eau fraiche.
Soins locaux doux à faire à la maison
Des bains de pattes avec des antiseptiques naturels à base de chlorhexidine diluée ou de thé vert tiède peuvent aider à nettoyer la zone irritée. Le gel d’aloe vera pur, l’argile verte et le miel sont également connus pour leurs propriétés apaisantes et cicatrisantes.
Entretien régulier du pelage et des pattes
Il convient de rincer et de sécher soigneusement les pattes de son chien après une promenade, surtout sur sol humide ou boueux, à la mer ou dans la neige.
Si les poils de votre chien poussent en continu ou vous semblent trop longs, une tonte légère entre les coussinets aide à éviter la macération et à garder la peau propre et saine.
Contrôle du comportement
Si votre chien se lèche de manière compulsive et qu’aucune raison médicale n’a été mise en avant, il s’agit peut-être d’un trouble du comportement du au stress, à l’ennui ou à l’anxiété. Pour l’apaiser et enrichir son environnement, voici quelques solutions à mettre en place chez vous :
- lui donner des jouets à mâcher ;
- le promener davantage en variant les lieux de balade ;
- créer des interactions positives avec des congénères ;
- jouer plus souvent avec lui.
Dns le cas où ce comportement perdure, faites-vous aider par un ou une comportementaliste aux méthodes d’éducation bienveillantes.
Notre avis et recommandations
La pododermatite est le symptôme d’un problème de santé sous-jacent : allergie, infection, stress ou maladie hormonale. Une approche globale, combinant traitement vétérinaire, soins naturels, ajustement de l’environnement et prévention donnera les meilleurs résultats pour apaiser votre chien.
Restez attentif au bien-être de votre compagnon à quatre pattes
Offrir à son compagnon de vie les meilleures conditions de vie possibles joue un rôle important pour sa santé. Cela passe par l’hygiène, l’alimentation, l’entretien, l’activité physique, les jeux de stimulations mentales ou encore l’accès à un lieu de repos où il ne sera dérangé sous aucun pretexte lorsqu’il va s’y coucher.
N’attendez pas pour consulter un vétérinaire
Non traitée, une pododermatite peut évoluer en une infection grave, voires en lésions irréversibles (une fusion des coussinets ou une fibrose). La prise en charge rapide permet de poser un diagnostic et d’appliquer le bon traitement avant une aggravation des symptômes.
Combinez le traitement médicamenteux avec des solutions naturelles
Les soins naturels ne remplacent jamais un traitement prescrit par un vétérinaire, surtout si la lésion au pied est infectée. Cependant, leurs vertus apaisantes sont bénéfiques et soutiennent votre loulou pendant sa convalescence.
FAQ
Comment soigner la pododermatite chez le chien ?
Les soins se définissent en fonction de la cause (infection, allergie, parasite, corps étranger, etc.). Le vétérinaire commence généralement par nettoyer la zone, soulager l’inflammation et prescrire un traitement ciblé : antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires ou anti-inflammatoires selon les cas.
Y’a t’il des races de chien prédisposées à la pododermatite ?
Oui, les bergers allemands, les boxers, les bulldogs anglais, les setters irlandais, les irish terrier, les golden retriever, les shar-peis, les labrador retriever, les teckels, les dogues de Bordeaux.
Faut-il contacter un vétérinaire si le bas des pattes de mon chien est rouge et qu’il se gratte ?
Oui, et au plus vite si vous remarquez une rougeur entre les doigts de votre chien, un léchage excessif ou une boiterie. Plus la prise en charge par un vétérinaire est rapide avec un traitement adapté, moins la pododermatite risque de s’infecter et de devenir chronique.