Ses caractéristiques générales

Sa carte de visite
| Caractéristiques | Observations |
| Taille | En moyenne 60 cm, entre 45 et 88 cm avec un dimorphisme marqué et de grandes différences selon la zone d’habitation |
| Poids | Entre 3 et 6kg, là aussi avec un dimorphisme marqué |
| Aire de répartition | Amérique du Sud, de la Bolivie à la Patagonie |
| Habitat(s) | Forêts, marais, pampa, à toutes altitudes |
| Portées | Environ 1 à 3 petits, maturité sexuelle tardive (18-24 mois) |
| Alimentation | Carnivore opportuniste, petits mammifères et oiseaux mais aussi poissons et amphibiens |
| Espérance de vie | Jusqu’à 12 ans à l’état sauvage, plus de 15 ans en captivité |
| Vulnérabilité | Préoccupation mineure mais menacée par la diminution de son habitat naturel, les maladies véhiculées par les animaux domestiques, et les éleveurs |
Peut-on acheter un chat de Geoffroy ?
Il est impossible de se procurer un chat de Geoffroy de manière légale, excepté si vous êtes propriétaire d’un zoo. Cet chat sauvage ne peut être possédé par un particulier.
Certaines personnes mal intentionnées ont recours au trafic d’animaux sauvages, un business lucratif, au détriment du bien-être des animaux. Si l’on vous propose l’achat d’un chat de Geoffroy, il s’agit donc d’un animal pris illégalement à son milieu naturel et transporté tout aussi illégalement jusqu’à vous – signalez-le aux autorités compétentes.
Le Chat Safari, ou comment avoir un chat de Geoffroy de compagnie
Notez toutefois que, si ce petit animal tacheté vous a tapé dans l’œil, vous avez une option (légale) pour accueillir un animal qui lui ressemble fortement au sein de votre foyer : le Safari ! Le chat Safari est un chat hybride comme le Savannah ou le Caracat, c’est-à-dire que l’un de ses parents est un chat de Geoffroy, et l’autre est un chat domestique.
Petit bémol cependant ; ces chats sont extrêmement rares, et si vous avez la chance inouïe d’en croiser un, il sera vraisemblablement extrêmement coûteux…
Ses particularités physiques

Le chat de Geoffroy est un animal magnifique, mais sauriez-vous le reconnaître parmi d’autres félins ? Après avoir lu ce texte, vous en serez capable !
Un chat petit mais puissant
Avec des dimensions comparables à un gros chat de compagnie, le chat de Geoffroy peut avoir l’air banal, voire inoffensif. Pourtant, son petit format lui est extrêmement utile !
Il lui permet par exemple d’être très discret quand il chasse, notamment quand il grimpe aux arbres, ce qu’il fait avec une grande facilité. Sa petite taille et son faible poids lui permettent de se faufiler dans des terriers, de bondir pour attraper des oiseaux, ou de se rapprocher d’une proie dans un silence total. De plus, avec une masse corporelle réduite, le chat de Geoffroy est remarquablement endurant.
Des robes adaptées au milieu
Le pelage du félin sauvage est son meilleur atout camouflage. Ainsi, en fonction de la zone où le chat de Geoffroy évolue, son poil n’aura pas la même couleur de base.
Des teintes allant de l’ocre au gris
Afin de s’adapter aux différentes palettes de couleurs, le poil du chat de Geoffroy adopte toutes les teintes entre l’ocre profond et le gris presque argenté, pour se fondre parfaitement dans la végétation, contre les rochers ou pour se tapir au sol.
La robe mélanique
La robe entièrement noire, est bien plus présente chez le chat de Geoffroy que chez les autres félins sauvages. On la retrouve le plus souvent dans les forêts denses où l’obscurité règne.
Un marquage distinctif
Le chat de Geoffroy porte sur le corps des taches qui l’aident à se fondre dans les ombres. Sa face est marquée de rayures noires autour des yeux en amande et l’arrière de ses oreilles est également noir, avec une ocelle blanche.
Une fourrure dense pour un confort optimal
L’adaptable Leopardus geoffroyi se retrouve à toutes les altitudes, depuis le niveau de la mer jusqu’à des terrains culminant à 3800 mètres. C’est également un excellent pêcheur, ce qui signifie qu’il doit parfois plonger pour attraper sa proie. Pour ces raisons, ce chat sauvage porte une fourrure chaude et épaisse qui lui permet de réguler sa température en toutes circonstances, mais aussi de protéger sa peau de l’eau et des branchages.
Une longue queue pour un équilibre à toute épreuve
Comme le chat de Geoffroy est un grand grimpeur et qu’il passe beaucoup de temps en hauteur, sa queue est un atout de taille pour servir de balancier. Avec un appendice caudal mesurant environ la moitié de la longueur de son corps, il dispose d’un avantage de taille pour parcourir les branches hautes et les terrains escarpés.
Ses compatibilités
En tant qu’animal sauvage, le chat de Geoffroy n’est pas compatible avec les animaux domestiques ou les animaux de ferme.
| Compatibilités avec | Notes | Observations |
| Les autres chats | 1/5 | Le chat de Geoffroy est solitaire et territorial – il n’apprécie pas la compagnie des autres membres de son espèce. |
| Les autres chattes | 3/5 | Lors des périodes de reproduction, les chats de Geoffroy se côtoient le temps d’assurer une descendance, mais guère plus. |
| Les chatons | 3/5 | Les mères s’occupent des chatons jusqu’à leur indépendance, aux alentours de 8 mois. |
Son style de vie

Le quotidien du Leopardus geoffroyi est rythmé par la chasse et la surveillance de son territoire.
| Mode de vie | Observations |
| Territoire | Le territoire du chat de Geoffroy s’étend sur 2 à 12 kilomètres carrés, un lopin de terre qu’il garde jalousement. |
| Activité | Très actif, le chat de Geoffroy garde la ligne en chassant toutes sortes de proies et en arpentant son territoire dès la tombée de la nuit. |
| Captivité | Le chat de Geoffroy peut avoir une qualité de vie correcte en captivité, avec une espérance de vie grimpant jusqu’à 20 ans. |
Son caractère
Le chat de Geoffroy est un animal opportuniste et individualiste – heureusement, avec sa bouille à croquer, on lui passe tous ses défauts.
Un animal solitaire
Ce chat sauvage ne vit jamais en meute ou en tribu, ni en aucun genre de structure familiale, à l’exception des huit premiers mois de la vie des chatons. Ceux-ci restent avec leur mère, qui leur apprend tout ce qu’il faut savoir pour prendre leur indépendance. Le père ne prend part ni à l’éducation, ni à la protection des jeunes.
Un félin incroyablement adaptable
Forêt, marais, pampa, hauts plateaux… Le chat de Geoffroy peut s’adapter à tout, grâce à un corps particulièrement polyvalent, mais aussi parce qu’il est un animal malin, capable de s’adapter à des situations variées.
Ses maladies fréquentes

La toxoplasmose
Le parasite responsable de la toxoplasmose se multiplie très rapidement et infecte les points d’eau ainsi que les proies des chats sauvages, les rendant très vulnérables à cette maladie courante et généralement bénigne. Chez des chats déjà affaiblis, cependant, la toxoplasmose peut s’avérer redoutable.
La maladie de Carré
Cette maladie virale très contagieuse est généralement transmise par les chiens que les chats de Geoffroy croisent en cherchant de la nourriture, mais elle est aussi présente chez de nombreux mammifères et a un taux de mortalité tristement élevé.
Le coronavirus félin
Les coronavirus félins affectent tous les chats, y compris les chats de Geoffroy. La plupart de ces infections à coronavirus sont bénignes, avec quelques symptômes respiratoires et intestinaux, mais elles peuvent, dans certains cas, dégénérer en péritonite infectieuse (PIF), souvent fatale pour les animaux sauvages.
Les autres menaces touchant le chat de Geoffroy
Si le chat de Geoffroy n’est pas en danger imminent, les chiffres sont à surveiller car de nombreux facteurs font décliner sa population.
La déforestation et l’exploitation des espaces naturels
Le rétrécissement des territoires disponibles pour les félins sauvages entraîne plusieurs problèmes. Leurs proies n’ont plus suffisamment d’espace pour prospérer, et les chats n’ont donc plus assez de nourriture disponible. En parallèle, les chats sont obligés de chasser sur le territoire des autres et/ou de voir leur territoire individuel réduire, avec donc moins d’opportunités de se nourrir et plus de compétition. Enfin, les routes, les habitations et les fermes remplacent les espaces naturels, créant de nouveaux risques directement liés à l’être humain.
Le trafic d’animaux
Les mesures prises contre le trafic d’animaux se durcissent et sont plus efficaces chaque année, mais certains trafiquants trouvent toujours le moyen de kidnapper des animaux sauvages pour les vendre au plus offrant.
Le commerce de la fourrure
Cet animal a très longtemps été chassé pour sa sublime fourrure. Ces pratiques sont bien moins répandues aujourd’hui, mais elles existent hélas toujours.
Les animaux de compagnie
Les animaux de compagnie, particulièrement les chiens de protection des terrains et des animaux de ferme, font de gros dégâts parmi les populations de félins sauvages qui doivent parfois attaquer les poulaillers pour se nourrir, en raison de la raréfaction de leurs proies.
Les éleveurs en colère
Les propriétaires des chiens mentionnés plus haut ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de décimer les chats de Geoffroy, avec une large proportion de ces félins perdue en raison de la chasse, pourtant interdite.
Les accidents de la route
Les collisions avec les véhicules font partie des plus grands risques pour les chats de Geoffroy, avec une perte estimée à plus de 4 % des individus par génération.
L’historique de la race

Sa découverte en 1844 avec une taxonomie hasardeuse
L’espèce est décrite pour la toute première fois en 1844 par Alcide Dessalines d’Orbigny et Paul Gervais, naturalistes en mission en Amérique du Sud pour le Muséum National d’Histoire Naturelle. Toutefois, sa classification exacte au sein des familles animales reste longtemps nébuleuse et n’est réellement connue qu’au siècle suivant, quand il trouve sa place au sein des Leopardus. C’est grâce à une particularité génétique touchant au nombre de ses chromosomes que l’on peut enfin savoir de quelle branche il vient, et de quels autres félins il est le plus proche.
Plusieurs sous-espèces ?
Les biologistes travaillent à déterminer si le Leopardus geoffroyi peut être ou non divisé en sous-espèces. En effet, on note de grandes différences de couleur et de taille selon les territoires occupés par l’animal. Il pourrait donc y avoir quatre ou cinq sous-espèces, dont les zones d’habitation s’entremêlent. Cependant, il pourrait aussi simplement s’agir de divisions géographiques sans autre base génétique.
Notre avis sur cette race
Le chat de Geoffroy est un félin de petite taille qui gagne à être connu ! Son adaptabilité couplée à son apparence si attrayante le rendent incontournable pour qui aime les chats sauvages.
Un fascinant chat sauvage
Capable de vivre au niveau de la mer ou à plus de 3800 mètres d’altitude, dans des marais comme dans des forêts sèches, le chat de Geoffroy est un modèle d’acclimatation. Son petit corps infatigable fait de lui un excellent prédateur dans la plupart des circonstances, ce qui ne fait qu’ajouter au tableau de cet impressionnant cousin de l’ocelot.
Un animal exclusivement nocturne
Ne pensez pas passer de longues heures à observer affectueusement votre chat de Geoffroy. Celui-ci ne sortira qu’au crépuscule, et toute son activité se fera dans l’obscurité.
Un parfait exemple des conséquences de l’urbanisation
Les difficultés que rencontrent le chat de Geoffroy sont une illustration criante des dégâts engendrés par l’exploitation des terres naturelles. Les espaces de vie des animaux sauvages sont détruits et remplacés par des infrastructures au bénéfice de l’être humain, sans « compensation » possible pour les espèces lésées. Cela crée des tensions entre toutes les espèces, accélère la transmission de maladies et met en danger la survie de populations entières.
FAQ
Pourquoi le chat de Geoffroy a-t-il été longtemps chassé ?
Le chat de Geoffroy a été longtemps chassé pour sa fourrure tachetée particulièrement épaisse, qui se vendait à bon prix. Aujourd’hui, tout commerce de cet animal est interdit, mais les marchés noirs existent toujours.
Pourquoi le chat de Geoffroy est-il peu connu ?
Le chat de Geoffroy est peu connu car il est totalement nocturne et solitaire, et il vit dans des endroits qui ne sont pas aisément accessibles, rendant son observation délicate.
Le chat de Geoffroy est-il dangereux ?
En raison de sa taille, le chat de Geoffroy préférera prendre la fuite qu’attaquer s’il croise un humain. Cependant, comme tous les chats, il peut faire des dégâts s’il est directement menacé.
Puis-je voir un chat de Geoffroy en France ?
Plusieurs zoos accueillent des chats de Geoffroy en France – il arrive même que des naissances aient lieu !