Ce qu’il faut savoir sur le chien de combat
De la bête féroce à l’adorable animal de compagnie, le « chien de combat » fait beaucoup parler de lui.
Les combats de chiens, un divertissement très populaire
Dans la Rome antique
Les combats de chiens constituaient dès l’Antiquité un « spectacle » très populaire, notamment à Rome, où l’on élevait les chiens de guerre qui accompagnaient les légionnaires. Ces canidés, d’impressionnants mastiffs, s’affrontaient dans les arènes, entre eux ou contre des taureaux, des ours ou des fauves.
En Angleterre
Ce type de « divertissement » a ensuite connu son apogée dans l’Angleterre du XVIIe siècle, et en particulier dans la région minière du Staffordshire. On pouvait y assister à plusieurs types d’attractions.
- Le bull baiting, un combat entre un chien et un taureau.
- Le rat baiting, durant lequel un chien doit éliminer le maximum de rongeurs dans une fosse pouvant en contenir plusieurs centaines.
En France
À la même époque, les bouchers parisiens possédaient des chiens de travail prisés pour leur force et leur ténacité. La capitale de la France était alors le théâtre de luttes à mort organisées entre différentes espèces : chiens, taureaux, coqs, animaux de cirque…
En Amérique du Sud
Traditionnellement élevé pour la chasse au puma, à travers la pampa qui recouvre une partie de l’Argentine, le dogue argentin a aussi été utilisé comme chien de combat.
Des canidés puissants issus de croisements entre des terriers et des bulldogs
Pour obtenir le chien le plus fort, endurant et tenace possible, les amateurs de combats croisent des bulldogs avec des terriers. Ils sélectionnent d’abord des bulldogs anglais, une race particulièrement massive et robuste qu’on disait insensible à la douleur, mais qui manquait d’agilité. Pour pallier la lourdeur de leurs champions, ils les mêlent à des races connues pour leur vivacité et leur persévérance, comme les terriers anglais et les chiens de petite vénerie.
L’interdiction des combats de chiens et les lois sur la protection animale
Le Parlement britannique interdit les combats de chiens en 1835 avec le Cruelty to Animals Act, une mesure qui s’étend peu à peu aux autres pays. L’American Society for the Prevention of Cruelty to Animals (ASPCA) voit le jour en 1866 aux USA, mais ce n’est qu’en 1976 que cette pratique devient illégale sur l’ensemble du territoire américain.
Côté français, la loi Grammont de 1850 représente le premier pas officiel contre la maltraitance animale, mais elle ne concerne que le domaine public. Son initiateur, le Général Jacques Delmas de Grammont, prévoyait pourtant de sanctionner aussi les sévices subis par les animaux dans la sphère privée.
En novembre 2021, l’article 521-1 du Code pénal sanctionne enfin « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité (…) ».
La triste réalité des combats de chien dans le monde d’aujourd’hui
Malgré l’interdiction dans de nombreux pays et les peines encourues, des combats de chiens ont toujours lieu, notamment en Asie Centrale.
Aux États-Unis, cette pratique illégale prend de nouvelles formes, comme le « trunking ». Elle consiste à enfermer des chiens dans le coffre d’une voiture, puis à les laisser se battre à mort pendant que le véhicule roule.
La préservation de certaines races de chien après l’interdiction des combats
On élevait les chiens de combats pour leur mordant et leurs « comportements agressifs » envers les autres animaux, mais ils devaient rester sociables avec les humains et répondre aux ordres de leurs maîtres.
De nouvelles lignées de chiens équilibrés et pacifiques
Des éleveurs ont vu chez ces races un rare potentiel, alliant un très fort instinct protecteur, une incroyable énergie et un dévouement sans faille. Ils ont alors entamé un travail rigoureux de sélection des individus les plus pacifiques pour conserver certains traits tout en éliminant au maximum les comportements indésirables. Ils ont ainsi obtenu des individus au tempérament stable, de plus en plus recherchés comme chiens de compagnie.
Des chiens de travail aux multiples talents
À l’instar des bergers allemands et des malinois, on retrouve le chien de combat (qui porte aujourd’hui bien mal son nom) dans de nombreux rôles gratifiants. Par exemple, en tant que chien de police, partenaire précieux des forces de sécurité ou au service de l’armée américaine. Il est aussi employé dans un cadre militaire pour la détection d’explosifs, ou comme chien de garde par des particuliers.
6 races de chiens de combat
L’idée fausse qui associe la dangerosité aux anciens chiens de combat résulte en général d’erreurs et de maltraitances humaines, d’une mauvaise éducation et de conditions de vie médiocres et inadaptées.
L’american pit-bull terrier, ou « pit-bull »

C’est un chien de taille moyenne, compact et tout en muscle avec une large poitrine et un poil ras.
Histoire
Le premier standard du pit-bull a été établi en 1898. Comme l’american staffordshire terrier, il est né de croisements de terriers et de bulldogs à la fin du XIXe siècle. C’est une race reconnue par l’UKC (United Kennel Club) et le CKC (Continental Kennel Club), mais il n’est pas reconnu par la FCI (Fédération Cynologique Internationale).
En France, où on le considère comme un type et non comme une race, le pit-bull n’est pas recensé par la Société Centrale Canine. La loi de 1999 sur les chiens « dits dangereux » le classe en catégorie 1 : sa détention est donc interdite sur le territoire français.
Caractère
En général joueur et très proche de ses humains, il peut se montrer beaucoup moins sociable avec les autres animaux. C’est un chien robuste et vigoureux qui demande beaucoup d’attention et d’activités variées.
L’american staffordshire terrier, ou « staff »

Le Kennel Club américain a d’abord reconnu la race sous le nom de staffordshire terrier en 1936.
Histoire
Comme son cousin le pit-bull, le staff est un mélange de bulldogs anglais et de plus petites races de terriers. Il aurait aussi du sang de blue paul terriers, dont certains sujets tiennent la magnifique robe bleue. La race a été importée aux USA en 1870, où elle a été soumise à des sélections rigoureuses.
Caractère
On dit souvent de ces chiens qu’ils débordent d’énergie et d’affection envers leurs humains et que ce sont de bons gardiens. Sportifs et réceptifs, il excellent dans de nombreux sports canins.
Le staffordshire bull-terrier, ou « staffie »

Il ressemble à une version réduite de l’american staffordshire terrier, mais il n’est pas catégorisé.
Histoire
Plus petit que les autres races d’anciens chiens de combat, le staffie est un concentré de muscles et de gentillesse. La race, issue de croisements entre des bulldogs, des white terriers et des manchester terriers, est aujourd’hui très prisée par les familles.
Caractère
Un concentré de muscles et d’amour ! Intrépide, sociable et infatigable, ce petit molossoïde pourrait passer tout son temps à jouer, avec ses congénères ou avec des enfants avec qui il s’entend en général très bien.
Le bull-terrier

Un chien au look unique avec sa tête ovoïde et ses yeux en amande, qui a su se faire une place de choix dans les foyers humains.
Histoire
On doit cette race atypique à James Hinks, un passionné de molosses. Dans les années 1850, il opère une sélection d’individus selon des critères morphologiques et comportementaux précis. Il atteint son objectif : un chien puissant, mais sans aucune agressivité, avec un corps trapu et musclé, et une tête en forme d’œuf.
Caractère
Sociable, joueur, joyeux, gentil et un brin « têtu », le bull-terrier moderne est un très bon chien de compagnie. C’est un chien pacifique, bien loin de la réputation sulfureuse de ses ancêtres.
Le bulldog anglais

Un drôle de molosse très attachant, qui partage une partie de son patrimoine génétique avec le boston terrier et le boxer.
Histoire
Utilisés dès le Moyen-Âge pour immobiliser les bovins afin de faciliter leur mise à mort, les bulldogs anglais ont été ensuite choisis comme champions des combats de chiens. La race a failli disparaître avec l’interdiction de cette pratique. Quelques éleveurs ont continué les reproductions avec des individus plus calmes et plus sociables, ce qui a amené au gentil bulldog anglais que l’on connaît aujourd’hui.
Caractère
C’est un chien peu sportif et plutôt calme. Il aime les balades, mais aussi les longues siestes sur le canapé. À la recherche du plus de contact possible avec ses humains, il supporte peu de rester seul.
Le dogue argentin, ou « dogo »

Histoire
Parmi les ancêtres du dogo, figure le perro de pelea cordobes (chien de combat de Cordoue), un mélange de mastiffs, de bouledogues et de bull-terriers. Sa sélection s’axe traditionnellement sur ses aptitudes à la chasse aux prédateurs et au gros gibier, comme le puma et le sanglier.
Caractère
Comme le rottweiler, le dogue argentin est un très bon chien de garde, doté d’un instinct de protection très développé. Sous ses airs de gros dur, ce chien massif au pelage blanc immaculé cache une grande sensibilité.
Tableau récapitulatif des races de chien de combat
On ne parle plus aujourd’hui de races « chiens de combat », mais plutôt de chiens issus de lignées historiquement sélectionnées pour les combats.
| Race | Origine | Caractère | Catégorie |
| American pit-bull terrier | États-Unis | Joueur, vif, sociable avec les humains et proche de sa famille | Catégorie 1 |
| American staffordshire terrier | États-Unis | Fort, agile, sûr de lui joueur et endurant | Catégorie 2 |
| Staffordshire bull-terrier | Grande-Bretagne | Affectueux, dynamique, joueur et sociable | Race non catégorisée |
| Bull-terrier | Grande-Bretagne | Joyeux, sociable, pacifique, déterminé | Race non catégorisée |
| Bulldog anglais | Grande-Bretagne | Calme, gourmand, affectueux et sociable avec les humains | Race non catégorisée |
| Dogue argentin | Argentine | Protecteur, intelligent, fiable et sensible | Race non catégorisée |
Des pit-bulls emblématiques
Voici quelques chiens célèbres issus d’anciennes races sélectionnées pour les combats.
Sergent Stubby, le premier chien gradé de l’armée américaine
Ce chien de type pit-bull de petite taille est venu des États-Unis jusqu’en France avec son maître, le soldat John Robert Conroy, pendant la 1re guerre mondiale. D’abord mascotte de l’armée américaine, Stubby s’est illustré dans la détection de gaz toxiques et la recherche des blessés. Il aurait même démasqué un espion allemand en l’attaquant, permettant ainsi sa capture.
Pete the pup, la star du petit écran des années 1920
Pal The Wonder Dog, un american pit-bull terrier né en 1924 et inscrit à l’UKC, fut le premier à incarner le compagnon canin d’une joyeuse bande d’enfants dans la série télévisée « Les petites canailles ». Son fils Lucenay’s Peter a ensuite pris la relève pour assurer le rôle de « Pete the pup », reconnaissable entre tous avec son beau pelage blanc et son œil droit entouré d’un trait noir..
Black Dinah, une femelle american staffordshire terrier
Cette chienne née en 1931 et mesurant 43 cm de hauteur au garrot appartenait à Maurice Wheeler. Elle a fait l’objet de la première inscription de cette race à l’American Kennel Club.
Notre avis et nos recommandations
Un chien dit « de combat » trouve son équilibre auprès d’humains avertis, prêts à s’investir dans son éducation et à respecter sa nature.
Adopter un « chien de combat » en toute conscience
Malgré les idées fausses qui circulent à leur sujet, ces chiens ne représentent pas un danger public. Cependant, si vous décidez d’adopter un « chien de combat », vous devrez faire face au fait qu’il puisse être perçu comme « méchant » ou « agressif ».
Sa carrure et sa puissance méritent tout de même une attention et une vigilance particulières dans les apprentissages.
L’éduquer avec patience et bienveillance
L’éducation de ce type de chien repose exactement sur les mêmes principes que pour n’importe quelle race.
- Une socialisation précoce dès le plus jeune âge, avec une exposition progressive à des environnements, humains et congénères variés, toujours dans des conditions positives.
- Des apprentissages basés sur la récompense pour renforcer les comportements attendus.
- Un travail sur l’autocontrôle avec des exercices simples : attendre avant de manger, marcher en laisse sans tirer, se poser sur un tapis, revenir au calme.
- De vraies dépenses physiques et mentales tous les jours pour canaliser son énergie.
- Aucun usage de méthodes coercitives ou de rapport de force (colliers étrangleurs, électriques ou à pics, cris, secousses, etc.).
- Un cadre clair et cohérent, des règles simples appliquées sans exception, et une gestion sereine des situations stimulantes.
- Si besoin, un accompagnement par un ou une éducateur-trice canin qui emploie des méthodes positives.
Nous recommandons aussi d’apprendre les bases de l’éthologie canine. En effet, savoir reconnaître les signaux d’apaisement et décrypter les codes canins sont indispensables pour les propriétaires soucieux du bien-être de leur toutou. Cela permet de détecter immédiatement l’inconfort, le stress ou une montée en tension, et donc d’intervenir au plus tôt afin d’éviter les conflits.
FAQ
Quel est le chien de combat le plus fort ?
On dit souvent que l’american pit-bull terrier est le chien de combat le plus fort, mais cela dépend avant tout du chien lui-même, de son entraînement et de son contexte de vie.
Quels sont les chiens de combat ?
Certaines races ont été historiquement utilisées par l’humain pour des combats : le pitbull, l’american staffordshire terrier, le staffordshire terrier, le bull terrier, le bulldog anglais, le bully, le dogue argentin, le mastiff, le tosa Inu.
Quel est le chien le plus dangereux du monde ?
Aucun chien n’est dangereux par nature : leur comportement dépend de leur socialisation et de leur éducation. Toutes les races peuvent mordre.
Peut-on assister à un combat de chiens ?
Non : les combats de chiens sont strictement interdits et considérés comme des actes de cruauté, passibles de lourdes sanctions pénales.