Ses caractéristiques générales

Griffon bruxellois, griffon belge et petit brabançon : ne pas confondre
Trois petits chiens belges se partagent la même histoire et le même standard : le griffon bruxellois, le griffon belge et le petit brabançon. Ils ont le même gabarit, la même tête ronde et un tempérament très proche : ce qui les distingue, c’est surtout la longueur et la couleur du poil. Le bruxellois porte un poil dur rouge à roux, le griffon belge un poil dur noir ou noir et feu, et le petit brabançon un poil court dans les mêmes couleurs, avec un masque foncé.
En France, on les regroupe souvent sous le seul mot « griffon », et plusieurs registres étrangers n’en font qu’une seule race à variétés. La Fédération Cynologique Internationale leur attribue trois numéros distincts, même si plusieurs variétés peuvent naître dans une même portée.
| Variété | Type de poil | Robe | FCI |
| Griffon bruxellois | Dur, barbe fournie | Rouge à roux (un peu de noir toléré dans la barbe) | n°80 |
| Griffon belge | Dur, barbe fournie | Noir, ou noir et feu | n°81 |
| Petit brabançon | Court (2 cm max) | Mêmes couleurs, avec un masque foncé | n°82 |
| Les trois variétés | Selon le poil et la couleur | Même gabarit, tête proche, tempérament similaire | Groupe 9 |
Le prix d’un Griffon bruxellois
Un chiot Griffon bruxellois inscrit au LOF coûte le plus souvent entre 1 000 et 2 000 €. Le prix augmente avec la qualité de la lignée, la conformité au standard et la réputation de l’élevage. Une part de ce tarif peut aussi s’expliquer par les frais de reproduction : chez cette race à tête large, une césarienne peut être nécessaire, ce qui renchérit certaines portées.
Méfiez-vous des annonces nettement moins chères et sans pedigree : l’économie de départ peut coûter cher plus tard, surtout sur une race où la sélection compte beaucoup. Mieux vaut parfois payer un chiot un peu plus cher, s’il vient de parents contrôlés et d’un élevage sérieux.
| Qualité | Prix moyens |
| Chiot LOF, lignée de compagnie | 1 000 à 1 500 € |
| Chiot LOF, lignée d’exposition | 1 500 à 2 000 € |
| Chiot sans pedigree | À éviter – garanties incertaines |
Le budget annuel à prévoir
Après l’achat, un petit chien comme le griffon coûte assez peu à nourrir, mais son entretien et son suivi vétérinaire demandent un vrai budget. Voici un ordre de grandeur, à ajuster selon votre ville, votre vétérinaire et vos choix d’alimentation.
| Poste de dépense | Budget annuel indicatif |
| Alimentation | 250 à 350 € |
| Vétérinaire, vaccins, antiparasitaires | 300 à 500 € |
| Toilettage et entretien du poil | 150 à 300 € (moins si vous le faites à la maison) |
| Assurance santé (facultative) | 200 à 400 € |
| Accessoires et divers | 50 à 100 € |
| Total estimé | 900 à 1 600 € par an |
Ses particularités physiques

Chez le griffon, c’est la tête qui attire d’abord le regard, bien avant le corps. Le reste suit pourtant une vraie logique de petit chien robuste et bien proportionné.
Un petit format tout en carrure
Le Griffon bruxellois est un petit chien presque carré : la longueur de son corps équivaut à peu près à sa hauteur au garrot. Il est compact, bien d’aplomb, doté d’une ossature solide sans pour autant paraître lourd. Sa tête portée haut lui donne une allure fière, assez étonnante chez un chien aussi petit.
Cette tête qui fait tout son charme
C’est ce qui le rend reconnaissable au premier coup d’œil. La tête est grosse et ronde, avec un stop très marqué et un museau très court. Le menton est large et proéminent, légèrement avancé : on parle de mâchoire prognathe. Le nez noir se situe au niveau des yeux et se retrousse légèrement. Ses grands yeux ronds, foncés et bien écartés, associés à ses petites oreilles semi-dressées, lui donnent cette célèbre expression presque humaine.
La barbe et la robe rousse
Le bruxellois porte un poil dur, légèrement ondulé, doublé d’un sous-poil, avec une barbe, des moustaches et des sourcils bien fournis. La robe va du rouge au roux, avec un peu de noir toléré dans la barbe. Pour garder sa texture rêche, ce poil s’entretient plutôt à la main, sans tonte systématique.
Une queue portée fièrement
La queue est attachée haut et portée relevée, sans jamais s’enrouler ni toucher le dos. On voit aujourd’hui de plus en plus de griffons à queue naturelle, simplement portée gaiement au-dessus de la ligne du dos.
Ses compatibilités
Bien présenté, le griffon s’adapte à presque tous les foyers : c’est surtout la qualité des présentations, plus que l’interlocuteur, qui fait la différence.
| Compatibilité avec | Notes | Observations |
| Les chats | 4/5 | Bonne cohabitation, surtout s’il est présenté jeune au chat du foyer. |
| Les autres chiens | 3/5 | Sociable une fois habitué ; il ne se laisse pas impressionner par les chiens plus grands que lui. |
| Les enfants | 3/5 | Bon avec des enfants respectueux ; son petit format reste fragile face aux tout-petits. |
| Les personnes âgées | 5/5 | Très bon compagnon : petit, câlin et peu exigeant en exercice. |
| Les inconnus | 3/5 | Réservé et un brin méfiant, il se détend après les présentations. |
Son style de vie

Peu sportif et très attaché à son confort, le griffon se contente d’un petit territoire, du moment qu’on y est avec lui.
| Mode de vie | Notes | Observations |
| Activité physique | 2/5 | De courtes sorties suffisent ; évitez l’effort par forte chaleur. |
| Vie en appartement | 5/5 | Très bien adapté : petit, casanier et plutôt calme à l’intérieur. |
| Déplacements | 5/5 | Facile à transporter, c’est un compagnon simple à emmener. |
| Tolérance à la solitude | 2/5 | Il supporte mal les absences prolongées. |
Son caractère
Vif, assuré et facile à émouvoir, le griffon a un tempérament bien plus grand que son format ne le laisse deviner.
Un chien très attaché à son maître
Le trait le plus marquant du Griffon bruxellois, c’est son besoin de proximité. Il choisit souvent sa personne préférée et la suit partout, du canapé à la cuisine, parfois jusque dans la salle de bains. Il aime participer à la vie de la maison et réclame volontiers sa part de câlins. Cette proximité fait son charme, mais explique aussi pourquoi les longues absences peuvent être difficiles pour lui.
Un petit chien qui se prend pour un grand
Sous son petit gabarit, le griffon a du tempérament. Il est fier, vigilant, et n’hésite pas à donner de la voix quand on sonne ou qu’un inconnu s’approche. Rien d’agressif : il prévient, observe, puis se détend une fois rassuré. Cette assurance tranquille fait partie de son caractère.
Sensible et expressif
C’est un chien qui ressent les ambiances et réagit au ton de la voix. Il peut se vexer quand on le gronde, retrouve vite de l’entrain quand on lui parle, et communique beaucoup par le regard et la posture. Cette sensibilité demande de la douceur : les méthodes brutales le braquent et n’apportent rien de bon.
Son éducation

Intelligent mais émotif, le griffon apprend vite, à condition d’y mettre les formes plutôt que la fermeté.
Commencer par la socialisation
Dès son arrivée, habituez votre griffon à des personnes, des bruits et des chiens différents. Bien socialisé, il garde son côté réservé sans devenir méfiant. C’est le meilleur investissement éducatif pour ce petit chien sensible.
Douceur et constance
Le griffon apprend vite quand on reste clair, patient et encourageant. Préférez les récompenses et les séances courtes aux remontrances. Il supporte mal la dureté et se calme plus facilement si son maître reste posé et cohérent.
La propreté, le point qui demande de la patience
Comme beaucoup de petits chiens, le bruxellois peut mettre un peu de temps à devenir propre. Installez une routine de sorties régulières, félicitez chaque réussite et évitez de vous énerver sur les accidents. Avec de la constance, les progrès finissent par arriver.
Canaliser les aboiements
Vigilant de nature, il peut prendre l’habitude d’aboyer à chaque passage. Apprenez-lui tôt un signal de calme et ne récompensez pas l’aboiement par de l’attention. Mieux vaut poser cette limite dès le début qu’essayer de la corriger plus tard.
Son alimentation recommandée
Petit gabarit, petit appétit : le griffon mange peu, mais sa tendance à l’embonpoint impose de la rigueur dans la gamelle.
Quelles croquettes choisir ?
Répartissez la ration en deux repas par jour, en mesurant les quantités plutôt qu’en remplissant la gamelle à vue d’œil. Limitez les friandises : sur un si petit chien, elles pèsent vite dans la ration. Laissez aussi toujours de l’eau fraîche à disposition, et ajustez les portions selon son âge et son activité.
Choisissez des croquettes de qualité pour petites races, avec des bouchées faciles à attraper pour sa petite mâchoire. Privilégiez une bonne teneur en protéines animales et surveillez son poids : le griffon peut facilement prendre de l’embonpoint, ce qui n’aide ni ses articulations ni sa respiration.
Son entretien
Entretenir un griffon n’a rien d’une corvée, mais son poil dur réclame quelques gestes bien à lui, loin du toilettage d’un caniche.
Brosser le poil dur et la barbe
Brossez votre griffon une à deux fois par semaine pour démêler le poil et retirer les poils morts. Deux à trois fois par an, une épilation à la main, au couteau à trimmer ou chez un toiletteur, permet de garder la texture rude du poil. La tonte, elle, a tendance à le ramollir. Pensez aussi à essuyer sa barbe après les repas et quand il a bu.
Des bains, mais avec modération
Les bains restent occasionnels, avec un shampooing doux adapté aux chiens. Un griffon trop souvent lavé perd la protection naturelle de son poil. Entre deux bains, un coup de brosse et un nettoyage rapide de la barbe suffisent souvent.
Yeux, pli du nez et oreilles : les petits contrôles
Ses grands yeux ronds sont exposés : essuyez-les délicatement et consultez sans tarder en cas de rougeur ou de larmoiement. Nettoyez le petit pli au-dessus du nez, vérifiez les oreilles chaque semaine et coupez les griffes dès qu’elles s’allongent.
Le suivi vétérinaire et les dents
En plus des vaccins et des antiparasitaires, surveillez ses dents : les petites mâchoires accumulent facilement le tartre. Un brossage des dents régulier et un contrôle annuel de la respiration et des yeux complètent bien la routine.
Sa santé et les points à surveiller
Le Griffon bruxellois est globalement un petit chien solide, mais sa face courte demande quelques précautions. Voici les points sur lesquels rester attentif.
Le syndrome brachycéphale
Son museau très court peut s’accompagner de narines étroites et d’un voile du palais trop long, ce qui peut provoquer des ronflements, de l’essoufflement et une mauvaise tolérance à la chaleur. Choisissez un chiot aux narines bien ouvertes et évitez les sorties intenses aux heures chaudes. En cas de gêne respiratoire marquée, un avis vétérinaire s’impose.
Les yeux
Grands, ronds et peu protégés, ses yeux sont exposés aux ulcères et à la sécheresse. Un œil qui pleure, qui rougit ou qui se ferme doit faire consulter rapidement. Un nettoyage doux et régulier limite les irritations légères.
La luxation de la rotule
Comme beaucoup de petits chiens, le griffon peut être sujet à la luxation de la rotule, qui se traduit par une boiterie intermittente d’une patte arrière. Un examen vétérinaire permet d’évaluer la gravité ; les cas les plus marqués relèvent parfois de la chirurgie.
La syringomyélie
Ce trouble neurologique, signalé dans la race, correspond à la formation de cavités dans la moelle épinière. Il peut se manifester par des grattages du cou ou une gêne inexpliquée ; le diagnostic passe par une IRM. C’est un point à aborder avec l’éleveur, surtout s’il fait reproduire des lignées où ce trouble a déjà été signalé.
La mise bas
La tête large des chiots peut rendre la mise bas plus délicate et nécessiter une césarienne. Toute reproduction doit être préparée avec un vétérinaire. Cela peut aussi expliquer le prix plus élevé d’un chiot issu d’un élevage sérieux.
Les dents
La petite mâchoire favorise l’accumulation de tartre et la perte précoce de dents. Un brossage régulier et des contrôles vétérinaires aident à préserver une bonne santé bucco-dentaire.
Ses accessoires essentiels

Pour un si petit chien, l’équipement reste léger : l’essentiel tient en quelques accessoires bien choisis, dont un qui n’a rien d’optionnel chez un brachycéphale.
Le harnais plutôt que le collier
Sur un chien à face courte, mieux vaut un harnais qu’un collier, pour éviter d’appuyer sur des voies respiratoires déjà sensibles. Choisissez un modèle léger et bien ajusté à sa petite carrure.
Un couchage douillet
Plutôt casanier et parfois frileux, le griffon apprécie un panier moelleux, installé au calme et à l’écart des courants d’air. Il y passera volontiers une bonne partie de la journée à se reposer.
Le nécessaire de toilettage
Prévoyez une brosse adaptée au poil dur, un peigne pour la barbe et, si vous l’entretenez vous-même, un couteau à trimmer. Cela suffit à garder son poil propre et bien démêlé entre deux passages chez le toiletteur.
Le sac de transport
Son petit format en fait un compagnon de voyage idéal : un sac de transport ou une caisse adaptée lui offre un endroit rassurant pour les trajets. Beaucoup de griffons s’y sentent vite en sécurité.
L’historique de la race
Le griffon n’a pas toujours été un petit compagnon choyé : ses débuts sont bien plus modestes, et utiles.
Le ratier des écuries de Bruxelles
Le Griffon bruxellois descend du Smousje, un petit chien à poil dur présent depuis longtemps dans la région de Bruxelles. On l’employait dans les écuries pour chasser les rongeurs et tenir compagnie aux cochers. C’était d’abord un chien du quotidien, bien avant de devenir un chien d’exposition.
Les apports du XIXe siècle
Au XIXe siècle, des croisements avec le King Charles et le Carlin ont contribué à fixer le type actuel : museau court, expression caractéristique et, pour le petit brabançon, poil court.
La reconnaissance et la mode royale
Les premiers griffons bruxellois ont été inscrits au stud-book belge (LOSH) en 1883. Vers 1900, la race gagne en popularité, portée notamment par l’intérêt de la reine Marie-Henriette de Belgique. De nombreux sujets sont alors exportés, ce qui contribue à diffuser la race au-delà des frontières.
Le griffon aujourd’hui
Le Griffon bruxellois reste une race de compagnie assez rare en France, avec un petit cercle d’amateurs fidèles. Sa bouille singulière lui a aussi valu quelques apparitions au cinéma, ce qui l’a fait connaître d’un public plus large.
Avant d’adopter un Griffon bruxellois

Trois points méritent d’être vérifiés avant de choisir un chiot. D’abord la santé des parents : demandez le dépistage des rotules, le test BREATH (évaluation de la respiration des races à face courte) s’il a été réalisé, et les contrôles vétérinaires disponibles sur les yeux. Ensuite la morphologie : préférez des chiots aux narines bien ouvertes et au museau pas trop écrasé, deux bons signes pour la respiration. Enfin, regardez les conditions d’élevage : un chiot élevé en maison, habitué au bruit et au contact, part avec de meilleures bases. Comme la race reste peu répandue en France, attendez-vous à patienter un peu et à vous déplacer pour trouver le bon élevage.
N’hésitez pas à questionner l’éleveur sur les tests pratiqués, le mode de naissance des chiots et le suivi vétérinaire. Un bon éleveur, de son côté, vous posera autant de questions : sur votre présence à la maison, votre mode de vie et la place que le chien aura dans votre quotidien. Ce dialogue dans les deux sens est bon signe.
Questions à poser à l’éleveur
Avant de réserver un chiot, demandez :
- les résultats du dépistage des rotules ;
- si un test BREATH a été réalisé sur les parents ;
- si les yeux des reproducteurs sont suivis ;
- comment se sont passées les mises bas précédentes ;
- si les chiots vivent en maison et sont habitués aux bruits du quotidien.
Notre avis sur la race
Pour une personne présente, le Griffon bruxellois est un excellent petit compagnon : affectueux, drôle, expressif et facile à emmener partout. Il convient très bien aux citadins, aux retraités et aux télétravailleurs qui veulent un chien proche d’eux au quotidien.
Il sera en revanche moins adapté à quelqu’un de souvent absent, à un sportif qui veut un chien d’endurance, ou à un foyer gêné par les ronflements, la chaleur à gérer et l’entretien du poil dur.
Notre conseil : choisissez un éleveur LOF sérieux, demandez les dépistages disponibles et observez bien la respiration des chiots. Sur cette race, mieux vaut attendre le bon élevage que choisir trop vite.
Le Griffon bruxellois est-il un bon choix ?
Oui, si vous cherchez un petit chien très proche de son maître, expressif, peu sportif et adapté à la vie en appartement. Il l’est moins si vous êtes souvent absent, si vous cherchez un chien très endurant ou si vous ne voulez pas entretenir un poil dur. Son principal point de vigilance reste sa face courte : chaleur, respiration, yeux et rotules sont à surveiller dès le choix du chiot et de l’élevage.
FAQ
D’où vient le Griffon bruxellois ?
De Belgique, et plus précisément de la région de Bruxelles, où il servait autrefois de ratier dans les écuries.
Quelle taille mesure-t-il et quel poids fait-il ?
Le standard FCI ne fixe que le poids, de 3,5 à 6 kg ; la taille observée tourne autour de 20 à 25 cm au garrot.
Combien coûte un chiot ?
Comptez 1 000 à 2 000 € pour un chiot inscrit au LOF, selon la lignée et l’élevage.
Quelle est son espérance de vie ?
En moyenne 12 à 15 ans, avec un bon suivi de sa respiration, de ses yeux et de son poids.
Peut-il vivre en appartement ?
Oui, très bien : petit et casanier, il s’épanouit en appartement dès lors qu’il a de la compagnie.
Est-il facile à éduquer ?
Plutôt oui, avec de la douceur et de la constance ; seule la propreté peut demander un peu de patience.
S’entend-il avec les chats ?
Oui, surtout s’il est présenté jeune au chat de la maison : la cohabitation se passe généralement bien.
Quelle différence avec le petit brabançon ?
Il appartient au même trio de petits chiens belges, mais se distingue par son poil court : le Griffon bruxellois, lui, porte un poil dur avec barbe et moustaches.
Le Griffon bruxellois est-il dangereux ?
Non, c’est un petit chien de compagnie. Il peut alerter quand quelqu’un approche, mais il n’a pas un tempérament agressif.