Quelles races de chiens peut-on considérer comme canadiennes ?
Le règlement d’enregistrement du Club Canin Canadien reconnaît cinq races comme indigènes au Canada : le chien esquimau canadien, le chien d’ours de Tahltan, le retriever de la Nouvelle-Écosse, le terre-neuve et le labrador.
| Critères | Observations |
| Origine | Cinq races reconnues indigènes au Canada |
| Races retenues ici | Quatre actuelles, une éteinte |
| Taille des mâles | 48 à 71 cm au garrot |
| Sélectionnées pour | Trait, chasse, rapport du gibier d’eau |
| Pelage des quatre races actuelles | Double, avec sous-poil dense |
| Prix d’un chiot, races actuelles | 1 000 à 3 200 € selon la race |
Combien existe-t-il de races de chiens canadiens ?
Il en existe cinq selon le Club Canin Canadien. Dans la nomenclature de la FCI, trois races seulement ont le Canada pour pays d’origine : le terre-neuve (standard n° 50), le chien esquimau canadien (n° 211) et le retriever de la Nouvelle-Écosse (n° 312).
Le chien esquimau canadien est inscrit au Canada dès 1889, et la FCI le reconnaît définitivement le 25 juin 1959. Le retriever de la Nouvelle-Écosse obtient sa reconnaissance définitive le 30 novembre 1981. Le standard actuel du terre-neuve date de 1996.
Le labrador a la Grande-Bretagne pour pays d’origine, mais son histoire reste étroitement liée à Terre-Neuve, d’où des chiens semblables ont été importés à la fin du XIXe siècle. Le chien d’ours de Tahltan, reconnu en 1941, n’a jamais figuré à cette nomenclature.
Liste des 5 races de chiens canadiens
Chez les mâles, la taille va de 48 à 71 cm selon la race. En 2025, les inscriptions au LOF vont de 8 pour le chien esquimau canadien à 6 531 pour le labrador.
| Races | Taille des mâles | Fonction ou usage principal | Exercice quotidien | Inscriptions au LOF en 2025 |
| Labrador retriever | 56 à 57 cm | Rapport du gibier | Plus de 2 heures | 6 531 |
| Terre-neuve | 71 cm en moyenne | Traction de charges lourdes et travail à l’eau | Jusqu’à 1 heure | 641 |
| Retriever de la Nouvelle-Écosse | 48 à 51 cm | Appelant et rapporteur de gibier d’eau | Jusqu’à 1 heure | 417 |
| Chien esquimau canadien | 58 à 70 cm | Trait et chasse dans l’Arctique | Plus de 2 heures | 8 |
Un mâle terre-neuve pèse en moyenne 68 kg, contre 20 à 23 kg pour un retriever de la Nouvelle-Écosse mâle. Cet écart se traduit notamment par un budget alimentaire différent et par des traitements vétérinaires parfois plus chers, quand ils sont dosés selon le poids.
Le labrador et le retriever de la Nouvelle-Écosse, deux rapporteurs d’eau de gabarits très différents
Les deux races appartiennent au groupe 8 de la FCI, section des chiens rapporteurs de gibier, et toutes deux sont classées avec épreuve de travail. Le labrador compte près de seize fois plus d’inscriptions au LOF que le retriever de la Nouvelle-Écosse.
Le labrador, 6 531 inscriptions au LOF en 2025

Aucune autre race canadienne n’est aussi présente en France. Pour le labrador, le standard fixe une taille idéale de 56 à 57 cm chez le mâle et de 54 à 56 cm chez la femelle, sans indiquer de poids. Son poil est court et dense, avec un sous-poil résistant aux intempéries. Sa robe peut être noire, jaune ou marron. Son tempérament est le plus souvent sociable, enjoué et désireux de faire plaisir. Six tests ADN lui sont conseillés et un septième recommandé, en plus des dépistages des hanches, des coudes et des yeux.
Le retriever de la Nouvelle-Écosse, sélectionné pour attirer le gibier d’eau

Au travail, le retriever de la Nouvelle-Écosse se déplace et joue au bord de l’eau pour attirer l’attention des canards et les faire approcher à portée du chasseur. Il rapporte ensuite le gibier abattu. Son nom anglais, Nova Scotia Duck Tolling Retriever, décrit précisément ce travail. C’est la plus petite des quatre races actuelles. Sa taille idéale va de 48 à 51 cm pour le mâle et de 45 à 48 cm pour la femelle, avec une tolérance de 2,5 cm. Les poids indicatifs sont de 20 à 23 kg et de 17 à 20 kg. Sa robe va du rouge à l’orange, avec souvent des marques blanches au bout de la queue, aux pieds, à la poitrine ou sur la tête. De caractère, il est souvent vif, attentif et joueur. Ses 417 inscriptions au LOF en 2025 marquent une hausse de 23 % sur un an.
Le terre-neuve et le chien esquimau canadien, deux chiens de trait bâtis pour le froid
Le terre-neuve est le plus lourd des quatre, et le chien esquimau canadien est mieux adapté à un foyer d’adultes.
Le terre-neuve, 71 cm et 68 kg de moyenne chez le mâle

Chez le terre-neuve, le mâle mesure en moyenne 71 cm au garrot et la femelle 66 cm, pour un poids moyen d’environ 68 kg et 54 kg. Sa robe peut être noire, blanche et noire, ou marron. Son poil double est résistant à l’eau. Il est en général doux, calme et docile, tout en restant actif. Il a été utilisé pour tirer de lourdes charges, pour travailler dans l’eau et comme chien de sauvetage. Le LOF a enregistré 641 inscriptions en 2025, en recul de 15 % sur un an.
Le chien esquimau canadien, un chien de trait avant d’être un chien de compagnie

Dans l’Arctique canadien, le chien esquimau canadien tirait les traîneaux des Inuit. Un chien pouvait alors tirer 45 à 80 kg sur des étapes de 24 à 113 km, et porter jusqu’à 15 kg en bât l’été. Les mâles mesurent 58 à 70 cm pour 30 à 40 kg, les femelles 50 à 60 cm pour 18 à 30 kg. Il garde souvent un instinct de meute marqué. Il se montre généralement très motivé par le travail, le jeu et la nourriture, mais peut réagir vivement s’il se sent menacé. Avec 8 inscriptions au LOF en 2025, c’est la race canadienne la moins inscrite en France.
Le chien d’ours de Tahltan, la race canadienne éteinte en 1979
Le chien d’ours de Tahltan a accompagné pendant plus de cinq siècles le peuple dont il porte le nom, dans le nord de la Colombie-Britannique.
Il servait à chasser l’ours noir et le grizzly. C’était un petit chien de 30 à 40 cm pour 4,5 à 8 kg, aux grandes oreilles dressées et à la queue touffue en forme de brosse. Entre 1936 et 1940, le policier J. B. Gray, alors en poste à Telegraph Creek, en a acheté dix. Ses démarches ont contribué à la reconnaissance de la race par le Club Canin Canadien en 1941. Le dernier chien connu est mort en 1979, l’année où le club a retiré la race de sa liste.
Le chien de Saint-Jean n’apparaît pas dans cette liste, mais il est l’un des ancêtres du labrador moderne. Ces chiens de pêcheurs de Terre-Neuve ont porté différents noms, dont petit terre-neuve et chien d’eau noir.
Le chien de laine Salish vivait auprès des nations salish du littoral, dans l’actuelle Colombie-Britannique, et a disparu au début du XXe siècle. Le Club Canin Canadien le cite parmi les races canadiennes disparues, mais il ne figure pas parmi les races indigènes de son règlement d’enregistrement.
Le labrador concentre plus de huit inscriptions sur dix au LOF
En 2025, le Livre des origines français a enregistré 7 597 inscriptions pour ces quatre races, dont 6 531 pour le seul labrador.
Il en représente à lui seul 86 %. Les trois autres totalisent seulement 1 066 inscriptions, dont 1 058 pour le terre-neuve et le retriever de la Nouvelle-Écosse.
Le chien esquimau canadien reste très peu représenté au LOF, même si ses inscriptions sont passées d’une seule en 2024 à huit en 2025. Dans ces conditions, trouver un chiot peut demander du temps et obliger à se déplacer loin de chez soi. Le club de race reste l’interlocuteur à joindre pour savoir quelles portées sont annoncées.
Ces chiffres correspondent aux inscriptions au LOF, pas au nombre de naissances ni à la population totale de ces races en France.
La santé des races canadiennes
Au Royaume-Uni, la longévité médiane atteint 13,2 ans chez le retriever de la Nouvelle-Écosse et 13,1 ans chez le labrador, contre 11,0 ans chez le terre-neuve. Ces valeurs ne permettent pas de prévoir la durée de vie d’un chien en particulier, et le chien esquimau canadien n’y figure pas.
La cystinurie
Le terre-neuve est prédisposé à la cystinurie, une anomalie héréditaire qu’un test ADN permet de dépister chez les reproducteurs. Chez les chiens atteints, les reins réabsorbent mal la cystine, qui peut alors former des cristaux puis des calculs urinaires. Des efforts pour uriner, du sang dans les urines ou l’impossibilité de vider la vessie doivent conduire à consulter sans attendre.
La maladie d’Addison juvénile
Le retriever de la Nouvelle-Écosse est prédisposé à une forme juvénile de la maladie d’Addison, dans laquelle les glandes surrénales ne produisent plus assez d’hormones. Abattement, vomissements, diarrhée ou faiblesse soudaine chez un jeune chien doivent faire consulter rapidement. Un test ADN fait partie des examens recommandés chez les reproducteurs.
La dysplasie de la hanche et du coude
Le labrador, le terre-neuve et le retriever de la Nouvelle-Écosse sont prédisposés à la dysplasie de la hanche et du coude, qui se dépiste chez les reproducteurs par radiographie. L’articulation se forme mal pendant la croissance, ce qui use le cartilage et conduit à l’arthrose. Une boiterie, une raideur au lever ou une hésitation à sauter justifient une visite chez le vétérinaire.
Ce que ces 4 races imposent au quotidien
Les fortes chaleurs demandent des précautions pour les quatre races, quel que soit leur besoin d’exercice.
Le labrador et le chien esquimau canadien demandent de longues sorties
Le labrador et le chien esquimau canadien ont besoin de plus de deux heures d’exercice par jour, contre une heure au plus chez le terre-neuve et le retriever de la Nouvelle-Écosse. Ce dernier n’en reste pas moins un chien vif, qui demande des activités régulières. Le terre-neuve a un rythme plus calme, mais il lui faut de l’activité tous les jours.
Un brossage quotidien pour le terre-neuve, hebdomadaire pour le labrador
Les quatre races ont un poil double, avec un sous-poil dense. Le terre-neuve demande un brossage tous les jours, le retriever de la Nouvelle-Écosse plusieurs fois par semaine, comme le chien esquimau canadien, dont le sous-poil tombe en grande quantité pendant la mue. Le labrador se contente d’un brossage par semaine. Si la perte de poils est un critère important pour vous, aucune de ces quatre races n’est idéale.
La chaleur, la contrainte que ces quatre races partagent
Ces quatre races portent un pelage dense, adapté aux conditions froides. Sortez tôt le matin et en fin de journée pendant les vagues de chaleur, laissez de l’eau fraîche à disposition et renoncez à l’effort en plein soleil. Redoublez de prudence avec le terre-neuve, très massif, et avec le chien esquimau canadien : tous deux portent un sous-poil épais.
Quel budget prévoir pour un chiot ?
Les rares chiots de retriever de la Nouvelle-Écosse proposés en France coûtent de 2 500 à 3 200 €, quand un labrador se situe entre 1 000 et 1 500 €. Le prix dépend ensuite de l’élevage, des lignées retenues et des dépistages passés par les parents.
| Races | Prix indicatif d’un chiot |
| Retriever de la Nouvelle-Écosse | 2 500 à 3 200 € |
| Terre-neuve | 1 800 à 2 800 € |
| Labrador retriever | 1 000 à 1 500 € |
| Chien esquimau canadien | 1 000 à 1 500 € |
Ce que l’éleveur doit vous montrer avant toute réservation
Une race rare ne justifie pas d’alléger vos exigences : les documents et les résultats des examens de santé à demander restent les mêmes.
Demandez, pour les deux reproducteurs, les résultats des dépistages recommandés pour la race. Depuis le 3 juillet 2025, la mère du chiot doit vous être présentée physiquement avant toute cession. Observez son comportement et, si le père vit sur place, rencontrez-le aussi. Renseignez-vous enfin sur les situations auxquelles les chiots ont déjà été habitués.
L’inscription au LOF n’a rien d’automatique. Elle suppose des parents confirmés et une portée régulièrement déclarée par l’éleveur. Le certificat de naissance atteste l’inscription provisoire au LOF, et le pedigree définitif n’est délivré qu’après la confirmation du chien. Écartez un vendeur incapable de produire les résultats qu’il annonce, ou qui promet à l’avance le caractère du chien adulte.
Un chiot ne peut être cédé qu’une fois âgé de plus de huit semaines. Il doit également être identifié. L’éleveur remet alors un certificat vétérinaire datant de moins de trois mois, l’attestation de cession et la preuve de cette identification. Le certificat d’engagement et de connaissance doit vous avoir été délivré au moins sept jours avant la remise du chien.
Quelle race canadienne pour quel maître ?
Votre temps disponible, votre niveau d’activité et la place dont vous disposez comptent bien davantage que l’origine canadienne de la race.
| Profil du maître | Races à regarder en priorité |
| Famille active, maison, sorties quotidiennes longues | Labrador retriever |
| Première adoption, avec du temps pour l’éducation et les sorties | Labrador retriever |
| Chasse au gibier d’eau | Retriever de la Nouvelle-Écosse, labrador retriever |
| Foyer très actif cherchant un chien de gabarit moyen | Retriever de la Nouvelle-Écosse |
| Beaucoup d’espace et capacité à gérer un chien de près de 70 kg | Terre-neuve |
| Traction, sport d’attelage, vie très en extérieur | Chien esquimau canadien |
| Personne régulièrement absente de longues journées | Aucune de ces quatre races |
Avant d’adopter un chien esquimau canadien, une expérience des chiens primitifs ou des chiens de traîneau est un vrai atout.
Notre avis et nos recommandations
Pour une première adoption, le labrador reste le plus accessible des quatre, à condition d’avoir assez de temps pour ses sorties et son éducation. Les races les plus rares demandent souvent d’attendre une portée.
Le labrador pour sa polyvalence, le retriever de la Nouvelle-Écosse pour les foyers très actifs
Le labrador s’accommode de nombreux modes de vie, mais il demande de longues sorties chaque jour, quelle que soit la saison. Plus petit, le retriever de la Nouvelle-Écosse reste très actif : son gabarit facilite les déplacements et prend moins de place à la maison, sans réduire ses besoins de dépense.
Le terre-neuve, un très grand chien qui demande de la place
Son gabarit demande de l’espace, une voiture adaptée et un budget plus élevé pour l’alimentation et certains soins. Avant de réserver un chiot, vérifiez que les deux parents ont passé les dépistages conseillés pour la race.
FAQ
Les chiens de races canadiennes perdent-ils beaucoup de poils ?
Oui. Le terre-neuve, le labrador et le retriever de la Nouvelle-Écosse perdent régulièrement leurs poils et connaissent des périodes de mue plus marquées. Chez le chien esquimau canadien, la perte du sous-poil devient particulièrement importante pendant la mue saisonnière.
Existe-t-il une race de chien canadien hypoallergénique ?
Non, aucune des quatre n’est considérée comme hypoallergénique. Les allergènes viennent surtout des squames et de la salive, que les poils dispersent ensuite dans le logement.
Certaines races de chiens canadiens sont-elles catégorisées en France ?
Non, aucune de ces quatre races n’appartient à la première ou à la deuxième catégorie prévues par la réglementation française.
Le chien esquimau canadien aboie-t-il ?
Le chien esquimau canadien a davantage tendance à hurler qu’à aboyer. En groupe, ces hurlements peuvent se déclencher en chœur et devenir gênants en copropriété.
Le landseer est-il une race canadienne ?
Non. La FCI rattache le landseer conjointement à l’Allemagne et à la Suisse. Son nom complet, landseer de type continental européen, sert à ne pas le confondre avec la variété blanc et noir du terre-neuve. La race compte 91 inscriptions au LOF en 2025.
Quelle différence entre le chien esquimau canadien et le chien du Groenland ?
Ce sont deux races distinctes, rangées toutes deux parmi les chiens nordiques de traîneau. Le chien du Groenland a le Groenland pour pays d’origine et le Danemark pour pays de patronage.
Le retriever de la Nouvelle-Écosse est-il un golden retriever en plus petit ?
Non, la FCI les classe comme deux races différentes, avec deux pays d’origine distincts. Le retriever de la Nouvelle-Écosse est une race canadienne de taille moyenne, à la robe allant du rouge à l’orange. Il attire les canards vers la rive avant de rapporter le gibier, un travail qui le distingue du golden retriever.